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Des petites histoires à retrouver avec plaisir ou à faire découvrir à vos enfants


vendredi 12 avril 2013

La maman qui ne savait pas raconter une histoire

- Raconte-moi une histoire, demande Delphine à sa maman, quand elle rentre le soir.
- Oh ! soupire maman, j'ai mille choses à faire !
- S'il te plait, ajoute Delphine.
- Bon, daccord, dit-elle et elle commence : "La petite princesse s'appelait Blanche-Neige et la nouvelle reine ne l'aimait pas. Un jour, un prince arrive sur son cheval blanc....
- C'est toi chéri ? demande maman en levant la tête.
Delphine s'étonne :
- Ah ? Elle lui dit déjà chéri ? Ils ne sont pas encore mariés pourtant !
Sa maman se met à rire :
- Mais non, petite sotte ! Je dis chéri à ton papa qui vient de rentrer ! Cours lui donner un bisou !
- ça y est, répond Delphine, continue, maman !
Maman reprend l'histoire : "Donc le prince dit à Blanche-Neige :
- Princesse, jolie princesse, ne fuyez pas !
Alors, le papa de Delphine se met à raconter des blagues :
- Princesse, répète-t-il, ne fuyez pas ! Ne faites pas comme notre lave-vaisselle. Parce que lui, il fuit !
Maman éclate de rire, mais delphine regarde son papa d'un air fâché.
- Pendant ce temps, continue la maman , la méchante reine demande à son miroir magique :
- Miroir, suis-je la plus belle du royaume ?
- Non, se met à crier papa qui fait le fou. Non ! La vilaine reine est moche comme un singe ! Elle sent le camembert pourri ! La plus belle du royaume, c'est maman !
Et il se met à faire des bisous à maman.
- Arrête papa, dit Delphine. Tu nous énerves !
- Oui, ajoute la maman, va plutôt préparer le dîner !
- Il n'y a plus rien dans le frigo ! crie papa. Puis il fait sa grosse voix et dit : Puisqu'il n'y a plus rien à manger, demain nous irons perdre Delphine dans la forêt comme le Petit Poucet !
Mais Delphine a l'air de s'en moquer complétement.
- Coninue maman, s'impatiente-t-elle, continue mon histoire s'il te plait !
Pendant ce temps, la maman de Delphine a passé quelques pages pour aller plus vite :
" Blanche-Neige arrive dans la maison des petits nains et elle se met à tout ranger...
- C'est vrai ça, Delphine, on devrait faire un peu de ménage ici aussi... ajoute maman.
- Après mon histoire, maman, répond Delphine qui trépigne d'impatience. Termine mon histoire !
- Mais tu la connais par cœur, soupire sa maman.
Pourtant elle saute encore quelques pages et raconte :
" Alors blanche-Neige mange une pomme empoisonnée et meurt. Le prince arrive. Il est désespéré. Il lui donner un baiser d'amour et alors Blanche-neige ouvre les yeux et s'écrie :
- A table, princesse, crie le papa du fond de sa cuisine. A table ! ou les patates vont brûler !
Alors là Delphine est furieuse ! Elle jette le livre à terre et elle hurle :
- J'en ai assez ! Marre ! Marre ! Marre ! Jamais le prince il dirait : "A table, princesse, ou les patates vont brûler !" Ce ne sont pas des paroles de prince, ça ! Ce n'est même pas écrit dans le livre ! Vous racontez n'importe quoi, rien que pour m'embêter !
Et Delphine pleure, pleure, toute fâchée, toute triste, toute désolée. Maman est toute penaude ; elle prend Delphine dans ses bras et elle lui murmure :
- Ne pleure plus ma petite Finouche. Je ne voulais pas te faire de peine... C'est vrai, j'ai mal raconté mais c'est qu'elle m'embête un peu cette histoire ! Et puis le soir en rentrant, ce n'est pas un très bon moment pour te raconter des histoires ; après dîner, ce serait mieux, tu ne crois pas ? 
Delphine veut bien.
Et puis elle veut bien aller dîner aussi parce qu'elle a faim. Alors toutes les deux vont rejoindre le papa dans la cuisine. Mais le papa a l'air tout ennuyé :
- Trop tard, les princesses, dit-il ; je vous avais prévenues ; le patates ont brûlé !

***
 Tiré du livre "Mille ans de contes"
Texte de Jo Hoestland 
Publié dans le magazine Toboggan N° 82
Éditions Milan




jeudi 11 avril 2013

Le secret des oeufs de Pâques

Il était une fois un petit pays tranquille où, lorsque le printemps s’annonçait, les gens, dans chaque village, organisaient un grand marché.Ils enfilaient leur costume de fête et s'installaient sur la place principale pour vendre ce qu'ils avaient produit de meilleur ou de plus beau : des couronnes de brioche ou de pain doré, des œufs, des outils de bois sculpté, des ceintures de cuir ... La nature elle-même participait à l'événement. Les pommiers s'habillaient de blanc, les papillons défroissaient leurs ailes et les fleurs leurs pétales.
Un jour, au centre d'un de ces villages, comme d'habitude à cette époque, des fermières comparaient les œufs de leur poulailler. C'était à qui aurait les plus gros, les plus ronds ou les plus blancs.
Seule une vieille femme se taisait. Elle ne possédait pour toute fortune qu'une petite poule maigrichonne qui ne lui avait donné que trois petits œufs pas plus gros que des billes.
La vieille femme soupirait :
- Je suis si pauvre, ma poulette, que je t'ai mal nourrie et que tes œufs sont tout juste bons à offrir aux enfants pour jouer aux billes. Comme il faut cependant que je vende quelque chose afin de gagner quelques sous, c'est toi que je vais être obligée de mettre à l'étalage...
A ces mots, la petite poule se mit à crier :
- Pitié, ma bonne dame ! Je ne veux pas finir rôtie. Si vous me gardez, je vous promets de pondre l'année prochaine les œufs les plus extraordinaires !
La vieille femme n'en crut rien, mais elle se laissa attendrir et rentra chez elle avec sa poulette. Une année passa. Et la vieille femme, de plus en plus pauvre, n'avait que quelques poignées de riz à donner à sa petite poule en guise de nourriture.
Le jour du marché approchait et la petite bête dépérissait. Elle comprit qu'elle ne pouvait pondre des oeufs plus gros que ceux de l'an passé et, désespérée, elle alla se cacher dans un champ pour se lamenter :
- Que vais-je devenir si je ne suis pas capable de donner à ma maîtresse que trois petits œufs tout juste bons à offrir aux enfants pour jouer aux billes ? Cette fois, elle sera forcée de me vendre, et je finirai dans l'assiette d'un gros fermier !
Toute à sa peine, elle ne se rendit pas compte que les fleurs et les papillons l'écoutaient.
- Nous ne laisseront pas faire cela ! chuchotèrent-ils.

A la nuit tombée, les fleurs se couchèrent sur le sol, formant une sorte de litière multicolore au creux de laquelle se blottit la petite poule. Puis les papillons étendirent leurs ailes sur elle comme une couverture bruissante et bariolée.
Au matin, lorsqu'elle se réveilla, la poulette se sentit fraîche, dispose, et même si ragaillardie qu'elle se mit à chanter et pondit une demi-douzaine d’œufs. Et ces œufs-là n'étaient pas ordinaires ! Ils n'étaient toujours pas bien gros, mais ils possédaient toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. Et même, à y regarder de près, on pouvait voir sur leur coquille de très jolis dessins comme on peut en admirer sur les ailes des papillons.
- Toute heureuse, la petite poule courut chercher sa maîtresse. Celle-ci examina les œufs un par un avant de les ranger dans son tablier :
- Tu as tenu ta promesse. Ce sont bien les œufs les plus extraordinaires que l'on puisse voir ! J'ai eu raison de ne pas te vendre !
Le jour du marché, les œufs de la vieille femme attirèrent les curieux. On se bouscula pour les acheter et la pauvre fermière récolta plus de pièces d'argent qu'elle n'en avait jamais eues dans sa vie.
Depuis lors, chaque année, dans ce petit village, puis dans tout le pays, et même dans les contrées voisines, les gens essayèrent de copier les oeufs de la vieille dame en peignant et décorant les leurs. Mais ils ne réussirent jamais à les égaler en couleurs et en délicatesse, car la petite poule, les fleurs des champs et les papillons gardèrent bien leur secret.
C'est ainsi que, chaque année, lorsque s'annonce le printemps, on prit dans ce petit pays et ensuite dans le monde entier l'habitude de décorer les oeufs ....

***
Conte tiré de "Milles ans de contes"
Texte de Claude Clément
Éditions Milan
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