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Des petites histoires à retrouver avec plaisir ou à faire découvrir à vos enfants


mercredi 25 avril 2012

L'oiseau de la cascade

Il y avait une fois un enfant qui plaça un piège sous une racine et prit un oiseau, un bel oiseau, l’oiseau de la cascade.
Bien.
Il le plume, le cuit, le mange.
Bien.

Quand il l’a mangé, il revient, remet le piège sous la même racine, et reprend encore le même oiseau, l’oiseau de la cascade. Alors, il court à la maison pour le mettre en cage ; mais sa mère le renvoie aux champs surveiller les semailles.
L’enfant lui dit :
- Mère, fais-moi rôtir cet oiseau.
- Oui, lui dit-elle. L’enfant retourne aux champs et fait rouler son tambour pour effrayer les autres oiseaux.
Bien.

Pendant ce temps-là, la mère tue l’oiseau, le bel oiseau, le plume, le fait rôtir et le mange elle-même, sans rien laisser. Quand l’enfant revient, il lui réclame l’oiseau.
- Je l’ai mangé, lui dit-elle.
Alors il crie.
Bien.

- Mère, donne-moi l’oiseau, l’oiseau que j’ai tué sous la racine, près de la cascade, sous la racine.
Sa mère lui donne du maïs.
Bien.

L’enfant va cacher son maïs sur un tronc d’arbre, tout en haut, dans le creux d’un arbre mort, et, quand les termites l’ont mangé, il leur dit :
- Termites, donnez-moi mon maïs ! Donnez-moi le maïs que ma mère m’a donné. Ma mère a mangé l’oiseau que j’avais tué sous la racine, près de la cascade, sous la racine.
Les termites lui font des pots de terre.
Bien.

L’enfant emporte les pots de terre. Il va les placer dans la rivière, sous la chute d’eau, pour l’épuiser . Mais quand la chute d’eau a brisé ses pots de terre, il lui dit :
- Chute d’eau, donne-moi mes pots de terre ! Donne-moi les pots de terre que les termites ont faits pour moi. Les termites ont mangé le maïs que ma mère m’avait donné. Ma mère a mangé l’oiseau que j’avais tué sous la racine, près de la cascade, sous la racine.
La chute d’eau lui donne un poisson.
Bien.

L’enfant tient le poisson à la main et, comme un faucon le lui enlève, il crie :
- Faucon, donne-moi mon poisson ! Donne-moi le poisson que la chute d’eau m’a donné. La chute d’eau a brisé les pots de terre que les termites avaient faits pour moi. Les termites ont mangé le maïs que ma mère m’avait donné. Ma mère a mangé l’oiseau que j’avais tué sous la racine, près de la cascade, sous la racine.
Le faucon s’arrache une plume.
Bien.

- Cette plume est à moi, dit l’enfant.
Mais le vent la lui emporte. Alors l’enfant lui dit :
- Vent donne-moi ma plume ! Donne-moi la plume que le faucon s’est arrachée pour moi. Le faucon a mangé le poisson que la chute d’eau m’avait donné. La chute d’eau a brisé les pots de terre que les termites avaient faits pour moi. Les termites ont mangé le maïs que ma mère m’avait donné. Ma mère a mangé l’oiseau que j’avais tué sous la racine, près de la cascade, sous la racine.
Le vent fait tomber pour lui quelque noix de coco.
Bien.

Quand l’enfant veut ramasser les noix, un gros babouin le lui mange.
L’enfant hurle.
Il lui dit :
- Babouin, donne-moi mes noix que le vent a fait tomber. Le vent a emporté la plume que le faucon s’était arrachée pour moi. Le faucon a mangé le poisson que la chute d’eau m’avait donné. La chute d’eau a brisé les pots de terre que les termites avaient faits pour moi. Les termites ont mangé le maïs que ma mère m’avait donné. Ma mère a mangé l’oiseau que j’avais tué sous la racine, près de la cascade, sous la racine. On ne peut même plus s’amuser !
Bien.

Le babouin lui dit en éclatant de rire :
- Moi, je n’ai rien à te donner.
Alors, l’enfant l’attrapa avec une corde et l’emporta vite à la maison pour le manger.
C’était bien son tour !
Mais le feu était éteint. La maison était vide. Sa mère n’était pas là. Elle s’était noyée dans la rivière, où il y avait un bel oiseau, l’oiseau de la cascade, qui chantait ...
Alors, l’enfant partit placer un piège sous la racine, près de la cascade, sous la racine.
Et il prit un bel oiseau.
Bien.

Mais l’enfant se réveilla.

Il avait rêvé.

Alors, il se mit à faire rouler son tambour pour effrayer les autres oiseaux, tous les oiseaux qui tombaient du ciel pour dévorer les semailles.
- Oh ! qu’il fait chaud, dit-il.

***
Blaise Cendrars
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