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Des petites histoires à retrouver avec plaisir ou à faire découvrir à vos enfants


mercredi 12 septembre 2012

La pomme et l'escargot




Il y avait une pomme
A la cime d'un pommier ;
Un grand coup de vent d'automne
La fit tomber sur le pré !
Pomme, pomme,
T'es-tu fait mal ?
J'ai le menton en marmelade
Le nez fendu
Et l’œil poché !
Elle tomba, quel dommage,
Sur un petit escargot
Qui s'en allait au village
Sa demeure sur le dos
Ah ! stupide créature
Gémit l'animal cornu
T'as défoncé ma toiture
Et me voici faible et nu.
Dans la pomme à demi blette
L'escargot, comme un gros ver
Rongea, creusa sa chambrette
Afin d'y passer l'hiver.
Ah ! mange-moi, dit la pomme,
puisque c'est là mon destin;
par testament je te nomme
héritier de mes pépins.
Tu les mettras dans la terre
Vers le mois de février,
Il en sortira, j'espère,
De jolis petits pommiers.

***
Charles VILDRAC

mardi 11 septembre 2012

Le rouge-gorge et la Bergeronnette


Un jour, le Rouge-Gorge demanda à la Bergeronnette de lui prêter sa petite robe et son petit turban pour aller voir ses parents. La Bergeronnette prêta sa robe et le petit turban.
Quand le Rouge-Gorge revint, elle alla réclamer son bien, mais celui-ci lui dit :
- Je ne te rendrai ta petite robe et ton turban que si tu m'apportes la grappe de raisin pendue à la Vigne.
Elle alla à la Vigne et lui dit :
- Donne-moi la grappe de raisin pour que je l'apporte au Rouge-Gorge, qui me rendra ma petite robe et mon petit turban.
Mais la Vigne lui dit :
- Tu n'auras la Grappe de Raisin que lorsque tu m'apporteras la petite Eau de la Source.
Elle alla à la Source et lui dit :
- O ma tante Source, donne-moi ta petite Eau, que je la porte à ma tante Vigne, qui me donnera la Grappe de Raisin, que je porterai au Rouge-Gorge, pour qu'il me rende ma petite robe et mon petit turban.
La Source lui dit :
- Je ne te donnerai la petite Eau que si tu m'amènes les joueurs de tambour et de flûte pour jouer près de moi.
La Bergeronnette alla chez les musiciens, mais ils lui dirent :
- Nous n'irons jouer près de la Source que lorsque tu nous auras porté un agneau.
Elle alla trouver un berger et lui dit :
- Donne-moi un agneau, ô mon oncle, pour que je le porte aux musiciens qui joueront près de la Source, qui me donnera la petite Eau pour la Vigne, qui me donnera la Grappe de Raisin pour le Rouge-Gorge, qui me rendra ma petite robe et mon petit turban.
Mais le berger lui dit :
- Je ne te donnerai un agneau que si tu m'apportes un pot de lait aigre et un plat de blé en bouillie et arrosés de miel et de beurre.
Alors la Bergeronnette alla au village. Elle trouva les femmes qui versaient le blé cuit dans les plats et le lait aigre dans les pots.
Elle leur dit :
- Votre vache s'est détachée, le veau tête sa mère et tous vos moutons se sont sauvés.Les femmes laissèrent là le blé tout chaud et les pots de lait aigre. La Bergeronnette prit un plat de blé et un pot de lait aigre, les porta au berger, qui lui donna un agneau pour les musiciens. Les musiciens jouèrent près de la Source. La Source lui donna la petite Eau pour la Vigne, qui lui donna la Grappe de raisin pour le Rouge-Gorge, qui rendit à la Bergeronnette sa petite robe et son petit turban.


***

Raconté par Jema'a, ancienne esclave du Sultan Moulay Hasan
Tiré des Contes et Légendes du Maroc
Recueillis à Marrakech et traduits par la Docteresse Légey



jeudi 6 septembre 2012

La maison à vendre au diseur de mensonges

Il y avait un homme qui avait trois fils. A l’heure de sa mort, il leur partagea ses richesses et leur donna à chacun huit mille dinars.
L'aîné partit, avec son argent, pour chercher fortune. Il passa près d'une maison : cette maison était en argent, les heurtoirs étaient de diamant et de rubis, et il y avait, sur la porte, une inscription qui disait : "cette maison est à vendre pour huit mille dinars et un gros mensonge".
Il versa les huit mille dinars et raconta :
- Il y avait un sultan...
Mais le maître de la maison lui dit :
- Va-t-en ! Va-t-en ! Ton histoire n'est pas un mensonge, car il a des sultans et des sultans dans ce bas monde.
Et l'homme s'en alla dépouillé de son argent.
Le second partit, comme son frère. Il arriva à la maison. Quand il lut l'inscription, versé les huit mille dinars, il raconta :
- Il y avait un barbier...
- Va-t-en ! Va-t-en ! dit le maître de la maison ; il y a des barbiers plein le monde, et ton histoire n'est pas un mensonge.
Alors le plus jeune des frères partit et arriva devant la maison ; il lut l'inscription, versa les huit mille dinars et dit :
- Un mensonge ? Je vais vous en raconter un...
Le jour où je suis né, ma mère fit un oeuf ; l'oeuf tomba et se brisa ; il en sortit un poussin qui alla au fond de la mer, j'ai couru après lui, je suis rentré dans la mer : j'ai trouvé sept chambres, l'une dans l'autre ; j'ai trouvé sept escaliers et, sur chaque escalier, sept caisses puis sept échelles ; puis, quand je fus sur la septième échelle, je me touchai la tête : c'était une pastèque ; je touchai mes habits, c'était un couteau, et je dis à ma tête : prends garde, ô pastèque, je vais te couper !
Alors le maître de la maison éclata de rire et dit :
- La maison est à toi ! Car seul, tu as su dire un mensonge...

***
Raconté par Freha Bent Hammou
au Mellâh de Mararkech
Tiré des "Contes et Légendes du Maroc"
Recueillis et traduits par la Docteresse Légey




mardi 4 septembre 2012

Histoire du tigre qui voulait se marier avec une ânesse

Un jour, un Tigre alla trouver un Âne et lui dit :
- Je veux me marier avec ta fille.
Le pauvre Âne, tout tremblant, acquiesça à sa demande. Puis, il réunit tous les ânes et leur raconta la demande qu'il venait de recevoir. Et tous s'écrièrent :
- Il ne faut pas, car ta fille enfanterait des petits qui détruiraient notre race.
Et le Conseil des ânes décida d’aller se mettre sous la protection du Lion en lui faisant le sacrifice d'un bœuf.
Ils se rendirent donc tous chez le Lion. Quand le Lion eut écouté leur plainte, il leur dit :
- Venez lui amener la fille de l’Âne. Je vais avec vous et vous défendrai.
Ils se rendirent tous à la grotte qui servait d'abri au Tigre et le Lion se cacha.
Alors le père de la jeune fille s'avança près de la grotte, mais pas trop près, et appela le Tigre, lui disant :
- Viens chercher ta fiancée.
Le Tigre sortit pour prendre la petite ânesse, mais le Lion lui sauta dessus et le dévora. Le Tigre dévoré avait laissé, dans la caverne, des petits tigres qui grandirent. Quand ils furent grands, ils se dirent entre eux :
- Il nous faut venger notre père et tuer les ânes.
Et ils se mirent à leur poursuite. Les ânes s'enfuirent ; ils entrèrent dans la rivière et, pour en grossir le cours et la rendre tumultueuse, ils urinèrent tous à la fois, et c'est depuis de jour que chaque fois qu'un âne voit une flaque d'eau, il lui prend le besoin d'uriner.
La rivière grossit tellement que les tigres ne purent poursuivre leurs ennemis, et ainsi les ânes furent sauvés.

***
Raconté par Si El-Hasen, Mou'eddin de Sidi 'Abd El-'Aziz
D'après les Contes et Légendes du Maroc
Recueillis à Marrakech et traduits par la Docteresse Légey


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