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Des petites histoires à retrouver avec plaisir ou à faire découvrir à vos enfants


jeudi 19 juillet 2012

Un arc-en-ciel pour soi tout seul

En marchant, Jason siffle toujours pour passer le temps. Il en connaît des airs ! Plus que tous les autres enfants, car il retient tous ceux qu'il entend. Et ce n'est pas tout ! Il peut aussi voir le vent... et même lui parler !
Il faut dire que, dans le moulin où vit Jason, tous les vents du monde se donnent rendez-vous pour chanter toutes sortes de chansons. Et Jason, depuis qu'il est tout petit, a l'habitude de les écouter.
Par une belle journée de printemps, Jason rentre chez lui en sifflotant. Soudain, il s'arrête ; il lui a semblé entendre quelqu'un parler. Il tend l'oreille... C'est le vent d'Ouest qui se lamente :
- Oh là là ! Quel ennui ! Je l'ai oublié !
- Qu'as-tu oublié ? demande Jason.
- Mon refrain favori ! gémit le vent
- Ne serait-ce pas celui-ci ? dit Jason en sifflotant un petit air.
Aussitôt, le vent d'Ouest se met à tournoyer autour de Jason, à lui souffler dans le coun à lui ébouriffer les cheveux, en criant :
- Mais oui, c'est lui ! Merci, merci mon garçon ! Comme je suis content ! Je vais te faire un cadeau. Que désires-tu ? Un verrou en or ou une clé en argent ?
Jason ne voit pas à quoi vont lui servir ces objets, aussi se hâte-t-il de dire :
- Eh bien... euh... c'est très gentil de votre part, mais je préférerais un arc-en-ciel ! J'ai toujours rêvé d'en posséder un à moi tout seul ! 
- Ah , c'est un arc-en-ciel que tu veux ? dit le vent. Hum, ça ne va pas être facile, mais ça peut se faire. Voilà, tu vas prendre un seau, puis tu longeras la rivière jusqu'à la Cascade du Paon. Là, tu rempliras ton seau d'écume. Quand tu auras terminé, tu trouveras dans le seau quelque chose qui te donnera un arc-en-ciel. Au revoir !
Aussitôt, Jason court chercher un seau et se met en route. Il arrive bientôt dans un endroit magnifique. Du haut d'une falaise, l'eau de la rivière se précipite et retombe en un bouillonnement d'écume aux couleurs étincelantes.
Jason n'a pas une minute à perdre... Il se penche et commence à remplir son seau d'écume argentée.
Enfin, au couche du soleil, son seau est plein. Jason se repose un instant... Tiens, on dirait que quelque chose bouge à l'intérieur du seau ! C'est un petit poisson qui nage en rond. Il porte sur son corps toutes les couleurs de l'arc-en-ciel !
- Qui es-tu ? lui dmenade Jason.
- Je suis le génie de la Cascade. Laisse-moi retourner à l'eau et je te ferai un cadeau !
- D'accord, dit Jason, mais promets-moi que tu me donneras un arc-en-ciel, un vrai arc-en-ciel pour moi tout seul que je pourrai emporter partout avec moi.
- Je veux bien, mais je te préviens, tu auras beaucoup de mal à le conserver... Enfin, si tu y tiens...
Au moment où le Génie plonge d'un bond dans la rivière, un magnifique arc-en-ciel sort de l'écume. Jason le prend délicatement entre ses mains et en fait un petit paquet qu'il glisse dans sa poche. Il a hâte de rentrer à la maison pour montrer à tous son beau cadeau !
Soudain, sur le chemin, Jason entend des gémissements... C'est un petit blaireau pris au piège qui lui crie :
- Libère-moi, vite ! Sinon, ils viendront avec leurs chiens et me tueront !
- Je voudrais bien, dit Jason, mais il faut une clé pour ouvrir ce piège !
- Et si tu essayais l'arc-en-ciel que je vois dépasser de ta poche ? propose le blaireau. On m'a raconté que c'est ainsi que l'on ouvre les pièges quand on n'a pas de clé.
Jason aimerait bien garder l'arc-en-ciel pour lui tout seul, mais il a bon cœur... Il introduit le bout de son arc-en-ciel dans le piège qui s'ouvre instanténément. Le blaireau, libéré, retourne vite dans son trou en lui criant :
- Merci, merci beaucoup !
Jason regarde son arc-en-ciel - il en manque un grand morceau qui est resté pris dans le piège. Il le range soigneusement dans sa poche et se remet en route...
Bientôt, il arrive devant la maisonnette de Madame Pertuis. C'est une vieille femme acariâtre, détestée par tous les enfants du village. Il faut dire qu'elle a la manie de voler tous les ballons tombés dans son jardin pour les faire cuire au four. Car cette étrange personne se nourrit d'une drôle de façon. Elle ne mange que des ballons carbonisés, des tartines brûlées et des olives noires !
- Viens par ici mon garçon , dit-elle à Jason. J'ai quelque chose à te demander...
Jason s'approche craintivement. Que lui veut cette méchante vieille femme ?
- Je vois un petit bout d'arc-en-ciel qui dépasse de ta poche, et justement, j'en ai besoin, lui dit-elle. Je suis très malade, vois-tu, et seul un gâteau à l'arc-en-ciel peut me guérir.
Jason aimerait bien garder l'arc-en-ciel pour lui tout seul, mais il a bon cœur... Il suit Madame Pertuis dans sa cuisine et la laisse couper un morceau avec son grand couteau. Elle prend du lait, de la farine et du sucre et mélange le tout avec le bout d'arc-en-ciel. Elle obtient une pâte onctueuse qu'elle met au four. Bientôt le gâteau est cuit...
- Que c'est bon ! s'écrie la vieille femme en croquant dedans à belles dents. Je n'ai rien mangé d'aussi délicieux depuis bien longtemps ! Je me sens déjà beaucoup mieux !
A son tour, Jason prend une petite tranche de gâteau. Mais, à peine a t-il mordu dedans, qu'il grandit de trois centimètres !
- Il vaut mieux t'arrêter là, si tu ne veux pas devenir géant ! dit Madame Pertuis.
Jason range le reste de son arc-en-ciel et se remet en route... Bientôt, il aperçoit son cher moulin et sa petite soeur Jessica qui court à sa rencontre. Mais la voilà qui tombe ! Sa jambe est écorchée. Jessica, qui n'a que quatre ans, est effrayée :
- Oh, Jason, ça saigne et ça fait très mal ! Vite, fais-moi un pansement !
Jason qui aime beaucoup sa petite sœur, n'hésite pas longtemps : il sort le petit bout d'arc-en-ciel de sa poche. Il en garde un minuscule morceau en souvenir et pose le reste sur la jambe de Jessica.  Comme elle est heureuse ! Elle n'a plus mal et son pansement est le plus joli du monde !
Soudain, Jason sent une présnece à ses côtés. C'est le Vent d'Ouest qui est revenu !
- Alors, dit-il, le Génie de la Cascade t’avait prévenu... Il est bien difficile de garder un arc-en-ciel pour soi tout seul ! Ne sois pas triste, mon garçon ! Après tout, tu as de la chance : tu peux entendre ma chanson, et puis tu as grandi de trois centimètres en une seule journée !
- Mais oui , c'est vrai ! s'écrie Jason.
- Ouvre ta main ! dit le vent
Dans la main de Jason repose le dernier petit morceau d'arc-en-ciel. Le vent d'Ouest souffle dessus tout doucement et fait naître un immense arc-en-ciel au-dessus de la prairie. C'est le plus bel arc-en-ciel qu'on ait jamais vu.
Tous les habitants des alentours lèvent le nez et ne peuvent s’empêcher de rester là, à le regarder :  les moutons, les paysans, les blaireaux, Madame Pertuis et même les oiseaux qui en oublient de voler !
Peu à peu, l'arc-en-ciel semble se fondre avec le ciel et bientôt il disparaît tout à fait. Chacun retourne à ses occupations, persuadé qu'il a rêvé...
- A bientôt, Jason ! souffle le vent d'Ouest en s’éloignant...








mercredi 18 juillet 2012

Abdullah et le génie

Très loin d’ici en Arabie, vivait un pauvre pêcheur nommé Abdullah. Il était si pauvre qu'il avait bien du mal à nourrir sa femme et ses trois enfants.
Parfois, tout de même, la chance était avec lui, et il rapportait quelques poissons pour nourrir sa famille. Mais en ce jour d'été, sa bonne fortune semblait l'avoir abandonné....
Il jeta son filet une première fois, mais quand il le ramena, il ne contenait qu'un bouquet d'algues vertes et visqueuses.
Il jeta son filet une deuxième fois, et crut que la prise était bonne car il sentit une résistance... Mais il ne ramena qu'un tas de vieux plats ébréchés.
Il jeta son filet une troisième fois et sentit un poids... il le ramena le plus vite qu'il pouvait, mais il n'y avait pas un seul poisson, seulement de al vase noirâtre...
Très découragé, il allait jeter son filet à nouveau quand il aperçut dans la vase une vieille bouteille, fermée par un gros bouchon.
- Cette bouteille est bien lourde ! se dit-il. Je me demande ce qu'elle peut contenir... De l'huile, du parfum ?
Abdullah essaya d'enlever le bouchon : il le tira, le tordit, le tira encore, mais sans résultat. Il allait renoncer quand, soudain, le bouchon finit par sauter tout seul hors du goulot !
Aussitôt un nuage de poussière s'échappa de la bouteille. La poussière devint fumée, la fumée se colora et une forme se dessina... D'abord un visage, puis un corps... Et cette silhouette grandit, grandit, grandit... Devant le pêcheur affolé se dressait maintenant un gigantesque génie.
- Libre ! Je suis libre ! gronda le génie d'une voix plus forte que le tonnerre. Libre après tant d'années ! Et maintenant, je vais te tuer !
- Pourquoi ? Mais pourquoi ô Génie ? bredouilla Abdullah. Que vous ai-je donc fait ?
- Je vais te couper en morceaux ! rugit le génie, sans répondre à la question du malheureux.
- Ne faites pas ça, Grand Maître, supplia l'homme en tombant à genoux... Je ne voulais pas vous déranger... Je vous en conjure, épargnez-moi !
- Quand je t'aurai découpé en morceaux, je te jetterai en pâture aux poissons ! Ha ! Ha ! Ha !
A ces mots, il dégaina son énorme sabre et le pointa juste sous le nez du pauvre Abdullah.
- Pitié ! s'écria le pêcheur. Dites-moi plutôt quel mal vous ai-je fait ?
- Silence, misérable !
Le hurlement du génie fut si violent que le volcan voisin se mit à gronder.
- Tais-toi un peu ! reprit le génie. Et je te dirai pourquoi je veux et tuer !
Et, sans éloigner son sabre du visage d'Abdullah, il commença son récit...

" Il y a bien longtemps de cela, j'exerçais ma profession de mauvais génie en ce pays. Pour me punir, le maître de ce royaume, le Grand Sultan Soliman, me fit enfermer dans cette bouteille. Je me retrouvai aussi serré dans cette prison de verre qu'une baleine pourrait l'être dans une coquille d'œuf ! Puis il fit jeter la bouteille à la mer. Et je commençai à dériver, dans un isolement et un silence complets. je n'avais qu'un espoir : être repêché et libéré par un pêcheur...
Un siècle passa ainsi et je m'écriai :
Qu'on me fasse sortir ! Et à celui qui me libérera, je fais la promesse d'exaucer trois de ses souhaits !
Mais nul ne m'entendit...
Un deuxième siècle passa, au bout duquel je m'écriai d enouveau :
Qu'on me fasse sortir ! A celui qui me libérera, j'offrirai l'Arabie toute entière !
Mais nul ne m’entendit, et nul ne me fit sortir...
Un troisième siècle s'écoula. La haine avait alors envahi mon cœur et je m'écriai :
Si jamais quelqu'un me libère de cette satanée bouteille, je le tuerai !
Mais Abdullah l'interrompit :
- Pourquoi cette colère ? Après tout, votre seul ennemi était le Sultan Soliman et il est mort il y a environ trois siècles...
- Trois siècles, justement ! Trois siècles que je moisis dans cette bouteille ! N'y a t-il pas de quoi enrager et détester tous les hommes ?
Le génie poussa alors un cri horrible et leva son sabre. Il baissa les yeux vers Abdullah afin de se réjouir une dernière fois de son regard terrifié... Mais loin de paraître terrifié, Abdullah arborait un large sourire.
- Quoi ? vociféré le génie, outré. Espèce de petit ver de terre ! Espèce de limace ! Me parler ainsi, à moi ! Prépare-toi à mourir !
Et encore une fois, il leva son sabre...
- Oh, ça va, ça va ! reprit Abdullah. Vous vous amusez avec votre sabre, bon ! Mais ne me faites pas croire que vous êtes sorti de cette minuscule bouteille !
- Quoi ? Espèce de petite fourmi ! Je te dis que je suis sorti de cette bouteille ! Et puis, assez parlé, je vais te tuer !
- Oh , mon pauvre génie ! ricana Abdullah. On ne vous a pas appris qu'il ne fallait pas raconter de mensonges, surtout d'aussi gros mensonges ! Moi, je vois la taille de la bouteille et je vois la vôtre...
Même moi qui susi très petit, je ne pourrais pas passer mon pied dans le goulot...
- Tu n'es qu'un cafard ! Tu... Tu... D’ailleurs, je n'ai rien à t'expliquer, je viens de cette bouteille. Un point, c'est tout.
- Pfff ! Alors, prouvez-le !
Le génie était vert de rage. il réfléchit quelques instants et, soudain... Il redevint tourbillon de couleurs, puis fumée, et enfin poussière. De la même façon qu'il en était sorti, le nuage de poussière rentra dans la bouteille.
- Vois-tu ? lança une vois caverneuse de l’intérieur de la bouteille. Je te l'avais dit !
Mais Abdullah, rapide comme l'éclair, mi le bouchon sur la bouteille. Il le poussa et le tourna, le poussa encore, jusqu'à ce qu'il soit bien enfoncé.
- Holà ! Laisse-moi sortir, vermine !
- Oh non ! répondit le pêcheur en riant. Tu es tellement méchant que tu peux bien rester là-dedans encore... mille ans !
- Non ! Je t'en supplie ! Si tu me libères, j’exaucerai trois de tes souhaits !
Sasn répondre, Abdullah prit la bouteille et, de toutes ses forces, il la lança à la mer. La bouteille vola dans les airs. Le génie hurla encore :
Je te donnerai l'Arabie toute ent...
Plouf ! La bouteille tomba dans la mer et l'on n’entendit plus les cris du génie.
mais avant d'aller lancer son filet plus loin, Abdullah planta un écriteau sur lequel il avait écrit :
" Ne pas pêcher ici ! Le mauvais génie de la bouteille rôde dans ces eaux !"

***
Aussi, si jamais, pendant vos vacances, vous apercevez une bouteille dans la mer, soyez prudents !
Ne l'ouvrez pas !

***

Histoire tirée du livre "Racontez-moi des histoires"









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