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mardi 13 décembre 2011

L'incroyable histoire de la phalange de Saint-Nicolas


Il était une fois dans un pays lointain , bien loin de la Lorraine, au-delà des montagnes et des mers, un homme prénommé Nicolas. Nicolas était né dans une famille très riche, mais ses parents moururent très tôt de maladie, le laissant orphelin. À partir de ce jour, il décida qu'avec son argent, il ferait le bien autour de lui. Et c'est ce qu'il fit : il donna à manger aux pauvres, soigna les malades, aida les enfants à trouver un foyer. Durant toute sa vie, il ne cessa de secourir les plus démunis. À sa mort, beaucoup de monde vint à son enterrement pour le remercier de tout ce qu'il avait fait. On décida d'ériger sa sépulture sous un chêne, face à la mer. À peine fut-il enterré qu'une colombe vint se poser sur sa tombe. Lorsqu'elle s'envola une source d'eau jaillit comme par magie, et bien vite, les gens se rendirent compte que cette eau avait la propriété de guérir les maladies. Pendant longtemps, des hommes et des femmes venus parfois de très loin, se rendirent sur la tombe de celui que l'on nommait dorénavant saint Nicolas, pour chercher un peu d'eau qui soulageait tous leurs soucis.
Un jour, un navire de marchands italiens accosta au port non loin d'où se trouvait la tombe de saint Nicolas. Les marins apprirent rapidement l'existence de la source d'eau miraculeuse et ne voyant que l'argent qu'ils pouvaient ne gagner, décidèrent de voler les reliques du saint. Ils commirent leur méfait pendant la nuit et au matin, le navire repartit en mer en direction de leur village natal. Parmi l'équipage, cependant il y avait un jeune garçon qui lui n'approuvait pas ce que les autres avaient fait. Et il ne cessait de leur dire :
- Ce n'est pas bien d'avoir volé les reliques de saint Nicolas, une malédiction va s'abattre sur nous !
Mais personne ne le prenait au sérieux, au contraire, les autres marins se moquaient de lui. Le navire vogua plusieurs semaines sur une mer calme. Mais un soir, alors que rien ne le présageait, une violente tempête éclata. La pluie s'abattit comme un rideau de fer, le ciel était illuminé d'éclairs et le vent soufflait en rafales provoquant des vagues plus hautes que le bateau. Les marins, qui avaient pourtant de l'expérience en mer, n'avaient jamais vu cela et sentaient leur mort approcher. Le jeune garçon sut tout de suite que c'était la malédiction qu'il avait tant redouté. Ne voyant qu'une seule solution, il courut dans les cales du navire où reposaient les reliques de saint Nicolas et se saisit d'une de ses mains en disant :
- Saint Nicolas, pardonne-moi d'avoir laissé voler tes reliques et sauve-moi de cette terrible tempête !
La main de saint Nicolas se mit alors à rayonner d'une lumière dorée. Le jeune garçon sursauta mais ne lâcha pas la main, fasciné, hypnotisé par cette lumière qui s'intensifiait à chaque seconde. Puis un bruit assourdissant venant du pont du navire retentit. Le jeune garçon sursauta et remonta de la cale en tenant toujours la main du saint. Il  vit alors un spectacle à la fois horrible et magnifique : l'orage avait dû s'abattre sur le navire, tuant tout l'équipage. Autour de lui, la pluie avait cessé de tomber. La mer s'était calmée, le vent était redevenu une simple brise et au loin les premiers rayons de l'aube transperçaient le ciel noir illuminant les côtes de son pays natal. Le jeune garçon savait que c'était saint Nicolas qui, par-delà la mort, venait de le sauver. La main, qu'il tenait, avait cessé de briller. Lorsqu'il rentra dans son village et qu'il conta son aventure, les habitants prirent la décision de garder précieusement la relique du saint en l'enterrant sous un chêne face à la mer. Dès qu'elle fut sous terre, une colombe vint à nouveau se poser et cette fois, lorsqu'elle s'envola, une source d'huile miraculeuse en jaillit. Sa réputation se propagea bientôt dans tout le pays et au-delà des frontières, amenant chaque jour pendant de longues années des centaines de personnes.
Un jour, le jeune garçon, devenu un vieil homme, se promenait. Il vit agenouillé devant la tombe où reposait la main, un voyageur étranger. L'homme avait dû faire un long chemin. Il était en haillons et très amaigri.
- Bonjour, répondit le voyageur. Je viens de loi, de très loin, d'un pays que l'on appelle la Lorraine. J'ai entendu parler de la main magique et de ton histoire et je suis venu dans le but de la voler. Je suis arrivé hier et j'ai observé tous les gens qui venaient chercher de l'huile et remerciaient saint Nicolas et je n'ai pu me résoudre à dérober la main. Si mes intentions étaient mauvaises lorsque je suis venu ici, mes raisons sont bonnes. Laisse-moi te conter ma douloureuse histoire : il y dans mon pays, un démon que l'on appelle le Père Fouettard. Cet homme vient dans les maisons chercher les petits enfants qui n'ont pas été sages et ne les rend jamais à leurs parents. J'avais trois enfants qui étaient, il est vrai, des petits garnements et malgré mes avertissements contre le Père Fouettard, ne faisaient que des bêtises. Et un soir, le démon est venu me les prendre. J'ai cherché à les retrouver dans tout mon pays mais en vain, ils avaient disparu. Et puis un jour, un chevalier est passé dans notre village et nous a raconté l'histoire de cette main magique. J'ai donc décidé d'entreprendre ce voyage pour la voler pour que saint Nicolas m'aide à faire revenir mes enfants. Mais aujourd'hui, voyant tout le bien qu'elle procurait aux gens, je n'ai pu m'y résoudre et j'ai décidé de rentrer chez moi…
En entendant cette histoire, le vieil homme fut attristé. Il s'approcha de l'étranger, lui serra l'épaule et lui dit :
- Tu es très courageux d'avoir fait tout ce chemin et je vois que ta quête est pure. Mais je ne peux pas te laisser partir avec la main. Elle est très importante pour nous ici. Cependant, si je ne peux te donner la main, je peux te donner une phalange et tu pourras ainsi sauver tes enfants.
Sur ces paroles, le vieil homme déterra la main, et remit une phalange au voyageur. Ce dernier le remercia mille fois et reprit son chemin vers la Lorraine. Les jours et les nuits passèrent, et bientôt le voyageur vit au loin les montagnes, signe qu'il approchait de la frontière de son pays. La route avait été longue pendant la journée et il décida d'installer son campement pour la nuit. Il dormait depuis quelques heures lorsqu'un bruit sourd le réveilla. Il ouvrit les yeux et vit devant lui un énorme dragon aux yeux rouges. Paralysé de peur, il n'eut pas le courage de s'échapper. Alors que le dragon s'approchait, il aperçut à côté de lui un objet briller : c'était la phalange qui s'était mise à scintiller. Il s'en empara aussitôt et la brandissant devant le dragon, il s'écria :
- Nicolas, protège-moi de ce dragon pour sauver mes enfants du démon !
La phalange s'illumina de plus belle produisant une lumière aveuglante. Le voyageur ferma les yeux et entendit le dragon rugir puis, d'un coup, le silence se fit autour de lui. Il ouvrit les yeux et vit que la, phalange ne brillait plus. Il se rendit compte que son campement avait disparu et des montagnes, des maisons s'élevaient autour de lui. Il reconnut immédiatement son village qu'une fine couche de neige avait commencé de recouvrir. Il entendit l'église sonner minuit. C'était le 6 décembre. Reprenant ses esprits, il vit la phalange s'illuminer à nouveau, puis s'élever toute seule et se diriger vers la maison du boucher. La porte s'ouvrit et la phalange entra. Le voyageur la suivit un peu surpris. La phalange se dirigea vers un tonneau en bois qui était posé au fond de la boucherie. Elle s'arrêta, se redressa et s'enveloppa d'une brume grande et épaisse. La brume commença à dessiner une silhouette qui devint de plus en plus nette. Puis la brume se dissipa et devant le voyageur se tenait un homme à la longue barbe blanche, vêtu d'un manteau violet et tenant à la main une crosse dorée. A cet instant apparut de nulle part le Père Fouettard qui s'écria :
- Que fais-tu saint Nicolas ? Ces trois petits enfants sont à moi ! Ils ne pensent qu'à faire des bêtises et à être impolis !
- Détrompe-toi, Père Fouettard, lui répondit saint Nicolas. Ils étaient comme ça avant mais ils ont eu le temps de repenser à leurs méfaits pendant toutes ses années et aujourd'hui ils se sont assagis.
Saint Nicolas leva alors sa crosse dorée vers le Père Fouettard et frappa le sol trois fois. Des volutes de fumée dorée commencèrent à s'entrelacer autour de l'homme en noir pour bientôt l'emprisonner. Celui-ci essaya de se débattre mais en vain. Les volutes s'intensifièrent et recouvrirent entièrement le Père Fouettard qui disparut aussi vite qu'il était venu.
Saint Nicolas contempla alors de son regard bienveillant les trois enfants et leur dit :
- Allez mes chers petits retrouver votre papa. Vous lui avez manqué et il n'a pas cessé de penser à vous durant toutes ces années. Soyez sages comme des images et sachez que saint Nicolas vous protègera.
Saint Nicolas regarda le voyageur, lui sourit et disparut à son tour, ne laissant derrière lui que sa phalange.
Depuis ce jour, la phalange magique de saint Nicolas est gardée en lorraine. Et tous les 6 décembre, un hommage est rendu à celui qui protège les enfants sages du démon Père Fouettard.

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Conte de Lorraine
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