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lundi 14 février 2011

Les chats de Whittington

Dick Whittington était un pauvre petit orphelin, qu'une vieille cuisinière avait recueilli pour en faire son domestique et son souffre-douleur. C'était lui qui allumait le feu, lavait la vaisselle et tournait la broche des rôtis. En échange, il recevait une maigre nourriture, quantité de surnoms, tel que vaurien, paresseux, fainéant, et un nombre encore plus considérable de horions et de taloches.
L'unique consolation et le seul bonheur de Dicks, c'était de jouer avec un chat qu'on lui avait donné, un gentil petit chat qu'il élevait et nourrissait de son mieux. Ce chat, la vieille cuisinière ne pouvait le souffrir, et elle parlait à tout moment de le jeter à l'eau.
Un soir que la vie du pauvre animal était plus menacée que de coutume, Dick s'enfuit de la maison, avec, bien entendu, son cher compagnon douillettement abrité dans ses bras.
Un passant eut pitié de lui, lui donna l'hospitalité, à lui et à son chat, et, le lendemain, lui proposa d'embarquer sur un vaisseau à destination de l'Afrique.
Dick Whittington, qui avait toujours eut de l'ambition, et qui, paraît-il, avait même entrevu dans ses rêves les plus hautes destinées, accepta l'offre avec empressement.
- Mais il te faut une pacotille, mon garçon, lui dit ce bienfaiteur. Qu'apporteras-tu et qu'auras-tu à échanger chez les Africains.
- Hélas ! je ne possède rien... Je n'ai que mon chat...
- Eh bien, emmène-le, ton chat ! Il te portera peut-être bonheur !
Ce personnage ne croyait pas si bien dire.
On était en mer, on naviguait depuis plusieurs semaines, quand une tempête s'éleva et fit échouer le vaisseau contre une île, dont l'histoire n'a pas conservé le nom. Cette île était infesté de rats, au point que le blé n'y pourrait pousser ; ces animaux le mangeait en herbe, dès que la tige était hors de terre.
Il était difficile à Dick Whittington de trouver meilleure occasion pour vanter les talents de son chat et demander qu'on le mît à l'épreuve. C'est ce qui eut lieu, et le chat fit un si grand massacre de rats, que le roi de l'île, enthousiasmé, voulut à tout prix garder dans son palais ce précieux quadrupède.
Dick lui fit comprendre qu'un seul chat contre tant de rats était insuffisant, et il s'offrit d'en aller chercher d'autres en Angleterre.
- Bien volontiers ! dit le roi ; mais, en attendant, je garde toujours celui-ci, et je te l'achète son pesant d'or.
- Et les autres ?
- Les autres te seront payés le même prix ! répliqua le souverain de cette île que les rongeurs rendaient inhabitable.
Dick tint parole au roi, et le roi ne manqua pas non plus à ses engagements.
Les chats que Dick alla chercher et qu'il introduisit dans l'île, en quantités innombrables, lui furent payés tous au poids de l'or, ce qui permit à notre héros de revenir s'établir à Londres et de prendre place parmi les plus riches négociants de la Cité. Le lord-maire étant venu à mourir, en 1397, on élut Dick Whittington pour le remplacer, et cette élection se renouvela à trois reprises.

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Albert CIM
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