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Des petites histoires à retrouver avec plaisir ou à faire découvrir à vos enfants


lundi 26 décembre 2011

Bout de paille, braise et haricot

Dans un petit village vivait une pauvre vieille femme, qui s'était ramassé un plat de haricots et voulait les faire cuire. Elle dressa son feu dans la cheminée et l'alluma avec une bonne poignée de paille pour qu'il brûle plus vite. Quand elle mit ses haricots dans la marmite, il y en eut un qui lui échappa par mégarde, et qui vint choir sur le sol juste à côté d'un brin de paille ; l'instant d'après, c'était un bout de braise qui sautait du foyer et qui venait tomber auprès des autres. Le bout de paille entama la conversation :
- Chers amis, d'où arrivez-vous comme cela ?
- La chance m’a permis de sauter hors du feu, répondit la braise et sans la force de cet élan, c'était pour moi la mort certaine : je serais maintenant réduite en cendres.
- Je l’ai échappé belle aussi, répondit le haricot à son tour, car si la vieille femme m’avait jeté dans la marmite, irrémissiblement c'en était fait de moi et j'étais cuit avec les autres.
- Croyez-vous peut-être que le j’aurais eu un destin plus clément ? reprit le bout de paille. Tous mes frères, la vieille les a fait passer en feu et en fumée : soixante d'un coup, qu'elle avait pris, auquel elle a ôté la vie ! Moi, par bonheur, je lui ai filé entre les doigts.
- Et maintenant, qu’est-ce que nous allons faire ? demanda la braise.
- A mon avis, dit le haricot, puisque nous avons tous les trois sites miraculeusement échappé à la mort, nous devrions nous unir en bons camarades et partir tous d'ici pour gagner un autre pays, afin d'éviter quelque nouveau malheur.
La proposition convint aux deux autres, et tous ensemble ils se mirent en chemin. Ils arrivèrent bientôt devant un ruisselet qui n'avait pas le moindre pont, ni-même une passerelle, et ils ne savaient pas comment passer de l'autre côté. Le fétu eut alors une bonne idée et dit : 
- Je vais me coucher en travers, et vous pourrez ainsi passer sur moi comme sur un pont.
La paille, donc, se suspendit entre une rive et l'autre, et sur ce pont improvisé, la braise, avec son naturel ardent, s'avança hardiment, mais à tout petits pas pour ne pas renverser le fragile édifice. Arrivée au milieu, toutefois, en entendant le bruit que faisait le courant au-dessous d'elle, la peur la prit et elle s'immobilisa, n'osant pas se risquer plus avant ; aussi le bout de paille commença-t-il à prendre feu, se rompant net par le milieu et tombant dans l'eau, entraînant dans sa perdition la braise, qui chuinta en touchant l’eau et rendit aussitôt l'esprit.
Le haricot, demeuré prudemment sur la rive, partit d'un tel fou rire en voyant cette histoire, et s’en tordit tellement sans pouvoir s'arrêter, que, pour finir, il éclata. C’en eût été fini de lui pareillement, si par bonheur un compagnon tailleur qui faisait son tour d'Allemagne ne s'était arrêté au bord de ce ruisseau pour se reposer. Par ce qu'il avait bon cœur et l'âme secourable, le tailleur prit du fil et une aiguille et se mit aussitôt à le recoudre. Le haricot lui en fit ses remerciements chaleureux et choisis comme on l'imagine ; mais comme il avait utilisé du fil noir, c'est pour cela que, depuis ce temps -là, tous les haricots ont une couture noire.

***
Conte de Grimm

dimanche 25 décembre 2011

Un certain soir de Noël

Ce soir je marche à travers la ville, je n’ai pas envie de rentrer chez moi. La maison sera vide. Personne ne m’y attend. C’est Noël. Partout des guirlandes de lumières, partout de la musique, partout des odeurs de restaurants et de pâtisseries qui me donnent faim. Partout circule une foule bruyante et joyeuse. Il ne fait pas trop froid. Il a neigé un peu. L’heure de la messe approche. Les paroissiens arrivent petit à petit, près de l’église. Les cloches carillonnent et envoient dans l’air frais leurs notes de fêtes. On se salue, on s’embrasse sur le parvis. Le portail grand ouvert laisse entendre l’orgue jusque dans la rue. Moi, je suis seule.
Je ne rentrerai pas dans l’église. Il y a trop de monde pour moi. Je vais continuer à marcher un peu. Il y a plus loin un parc et, ce soir, il est désert. J’aime cette solitude, ce calme. Je m’assois. Je suis bien. C’est si beau ici. Des restes de neige brillent sur les sapins. La clarté de la lune illumine tout. Les étoiles scintillent dans le ciel. Un couple d’oies est là. Elles sont blotties l’une contre l’autre, tache blanche sur le miroir de l’étang. Le silence est si pur qu’on se croirait loin. Très loin. Je respire, J’écoute, immobile.
Soudain, un craquement léger, là, derrière moi, du côté de la haie. Je regarde. Mais non, rien, une idée ... Je me retourne. Pourtant il me semble que ça a bougé un peu et puis ce souffle, ce cri plaintif, ce gémissement. Je me lève ... intriguée. J’imagine un bébé abandonné.
Au fur et à mesure que je m’approche, la chose se cache de plus en plus sous la haie. Peu à peu je distingue, vaguement, une boule de poils à ras de terre, deux yeux effarés : un petit chiot qui tremble.
Prudemment, doucement, je tends la main. Je le caresse. On se regarde toutes les deux, la bête et moi, ne sachant laquelle s’avancera.

 Non ! pas un chiot mais un jeune chien, un simple corniaud, là, attaché au pied du buisson, avec une ficelle. Quand je le détache il lèche ma main, pauvre bête. Je peste contre l’idiot, plus bête que la bête, qui a osé accomplir cette lâcheté.
Je libère l’animal. Je m’attends à ce qu’il s’enfuie ventre à terre. Mais non, il reste là, aplati à mes pieds. Ses yeux expriment tant de détresse que je craque. J’ai envie de pleurer. C’est idiot.
Je prends la route de chez moi. Il se lève. Sa queue frétille. Il me suit. A côté, devant, derrière, il ne me lâche pas. Alors, je me dis : c’est la Providence qui m’envoie ce cadeau de Noël, et je le garde.
Je ne suis plus seule ce soir. C’est une bonne petite bête intelligente et douce. Je décide de l’appeler "Chrismas" et ça a l’air de lui convenir.
Lui a trouvé un refuge sûr et moi, j’ai rompu avec ma solitude, ce soir, un certain soir de Noël.

samedi 24 décembre 2011

JOYEUX NOËL les enfants !!


C'est sûr ! 
Vous êtes si sages que vous serez récompensés...

Aby et Mélusine vous souhaitent
une soirée enchantée et pleine de rêves !

A bientôt....

Le secret du vieil érable à sucre


Il était une fois un très vieil érable à sucre qui ne perdait jamais ses feuilles que le dernier dimanche de l'Avent, juste avant Noël. Les autres arbres de l'érablière se disaient entre eux, avec respect, mais tout de même, qu'il y avait sûrement de l'entêtement chez ce vieil arbre à vouloir conserver ses feuilles quand tous les autres les avaient perdues, ou qu'il savait quelque chose que les autres ne savaient pas. Mais comme c'était un érable qui était très, très vieux et sage, les autres arbres ne lui en tenaient pas rigueur.

Il était aussi une jeune femme qui décida, ce Noël-là, d'aller retrouver ses vieux parents, qui habitaient à la campagne. Elle était triste, car elle savait que ce serait le dernier Noël à la ferme : ses parents avaient décidé de vendre leur ferme pour s'établir au village. Elle songeait à tous les beaux souvenirs qui, bientôt, ne seraient plus que… souvenirs !



 À peine arrivée chez ses parents, la jeune femme alla se promener dans la forêt voisine, terrain de jeu de son enfance. Une tempête s'abattit bientôt sans prévenir sur la région. Le vent se mit à souffler, et on ne vit plus ni ciel ni terre. Afin de se protéger de la neige, du froid et du vent cinglant, elle vint trouver refuge dans l'érablière, sous le vieil érable, dont son père disait toujours :
"Je ne sais pas ce qu'il a celui-là. Il ne perd jamais ses feuilles".


Elle commença à avoir froid. Pour la réchauffer, le vieil érable à sucre se dit :
"Je vais secouer mes branches et perdre quelques feuilles, et ça lui fera un lit".
Bientôt, la jeune femme put s'étendre bien au sec pour se reposer. Puis le vieil érable pensa :
"Mais, elle va geler. Je vais la recouvrir de feuilles pour la réchauffer".
Il secoua de nouveau ses branches et elle fut recouverte de feuilles et n'eut plus froid. Comme elle avait peur, pour la rassurer, le vieil érable commença à émettre un son très doux qui était en fait, une très, très vieille chanson que seuls connaissaient les très vieux érables. Elle s'endormit. Dans son rêve, elle entendit le vieil érable lui dire :
"Le temps n'existe pas. Il est un instant, puis mille. Il dort. Il s'éveille. Pour lui, le bonheur, c'est d'être là. Profite du moment. Ce Noël sera le plus beau. À ton réveil, tu devras…"

             Quand la jeune femme s'éveilla, elle se rappela les paroles du vieil arbre. Elle alla près d'une grosse racine. Elle y trouva comme il lui avait dit, un trou juste assez grand pour y glisser sa main, puis son bras. Elle sentit quelque chose s'y poser. Puis, elle sortit tout doucement sa main.

              Ô surprise, dans le creux de celle-ci étai logée une petite fée, la fée du temps des sucres ! Elle s'envola, et la jeune femme comprit qu'elle la guidait dans la tempête. Arrivées à la maison, la fée retourna retrouver le vieil érable et son secret.


À la vue de la jeune femme, ses parents qui étaient très inquiets, la serrèrent très fort dans leurs bras. Ils la réchauffèrent et lui demandèrent de leur raconter ce qui lui était arrivé. Elle parla de bien des choses, mais, ainsi qu'elle l'avait promis au vieil érable, elle ne parla jamais de son rêve ni de la petite fée.

La cuisine sentait bon. La maison était parfumée à l'odeur des bons plats que sa mère avait préparés. La jeune femme se rappela que le vieil érable lui avait dit :
"Tu passeras le plus beau des Noëls…"

Cette année-là, la tempête dura si longtemps que la jeune femme et sa famille ne purent sortir pour Noël. Ils restèrent plusieurs jours ensemble à rire, à se rappeler tant de beaux souvenirs, puis à en inventer de nouveaux. Bien au chaud, dans leur maison, le soir de Noël, ils prirent le temps d'être ensemble, parlèrent tant et si bien et si tard et eurent tant de plaisir à se retrouver, qu'ils en oublièrent même les cadeaux, tout occupés qu'ils étaient à partager un si beau moment.

Ce fut, comme lui avait promis le vieil érable, son plus beau Noël. Pendant quelques jours, comme par magie, le temps s'était arrêté.


 ***

Conte fourni par la Fédération des producteurs acéricoles du Québec
Envoyé par Mark D., Québec



vendredi 23 décembre 2011

La légende de la neige



Voilà : je suis un petit grain de sable. Je suis vieux, très vieux. Cependant, sur ma foi, j’ai conservé tous mes esprits. Je vivais il y a deux mille ans. Depuis ce temps, avec Messire Vent, j’ai voyagé par toute la terre. J’en ai vu des choses ! J’ai même assisté à la naissance de la neige. Quelle impression ! C’est une histoire féerique. Vous voulez que je raconte ? D’accord !

Disons que nous sommes au début de l’ère. Il y a ce soir un "je ne sais quoi" de mystérieux sur la campagne de Bethléem. Abandonnant la tradition, les maisonnettes ont tôt fait de baisser les paupières. Un doux zéphyr court allègrement, insufflant au mystère fraîcheur et renouveau. Les étoiles se regardent, clignent des yeux et, discrètement, se cachent dans un pli de ciel pour réapparaître soudain, si lumineuses qu’elles diamantent la lune maquillée d’opale et revêtue de soie irisée comme au jour de fête.

Les rameaux, tout bas, très bas, jasent d’espérance. Ils se laissent mollement bercer par la brise zéphyrienne. À leur pied, le ruisseau, discret, presqu’endormi, fredonne son chant d’amour. Ce léger murmure est un sourire à l’astre des nuits. Mystérieux, il semble écouter le silence et boire la paix sereine du soir.

Tout à coup, au coin d’une route, un petit âne avance lentement, je dirais même pieusement. Sur son dos, une jolie dame drapée d’un long manteau d’aurore, se laisse emporter dans la campagne endormie. Elle est si belle, si radieuse, qu’on croirait d’un ange. Un homme barbu chemine aux côtés de la belle « aventurière » – car pour une dame, cela devient une aventure que de voyager en pleine nuit. Très souvent, ils se regardent, ils se sourient. Ils sont heureux, heureux dans leur pauvreté. Dans les yeux de la dame en bleu brille le rayon d’une joie profonde. Pourquoi cet immense bonheur ?

Le vent, en grand effronté qu’il est, s’accorde la liberté d’une indiscrétion et soulève le manteau d’azur de la dame. Quelle idée ! Et quelle chance ! Je vis alors que le bonheur était dans une maternité toute proche, l’ange allait être maman !

Mais le bonheur ce n’est pas étrange... Ce n’est pas étrange comme cette étoile qui court follement au plafond des astres, qui danse magiquement, inlassablement. Et, mystère plus impénétrable encore, elle semble guider les deux voyageurs.

Je vais en avoir la surface polie ou je ne m’appelle pas grain de sable. Les hommes diraient : « Je vais en avoir le cœur net », mais comme tous les grains de sable, je n’ai pas de cœur. J’ai décidé de suivre la dame.

C’est ainsi que je connais Joseph et Marie, que j’entends leur conversation. Ils parlent de la naissance d’un roi. Je n’en crois pas ma grosseur : je voyage avec des souverains ! Mais si pauvres...

Marie est fatiguée ; elle grelotte de froid mais jamais ne se plaint. Son sourire tromperait Dieu lui-même... si Dieu pouvait être trompé.

L’étoile mystérieuse s’arrête soudain. De l’agitation féerique, elle passe au calme divin. Marie et Joseph s’arrêtent aussi. Joseph scrute l’horizon et désigne à son épouse une petite étable. Obéissante, elle accepte ce refuge. Joseph entre avec Marie. Époux fidèle et vigilant, il est son réconfort et sa protection.

Et le Roi est né. Jamais un roi, fut-ce le plus riche ici-bas, n’a eu une naissance aussi humble et, à la fois, tout aussi grandiose.

Des voix inconnues à la terre modulent des refrains d’une suavité exquise. De loin, très loin, retentit, vibrant et riche, un mélodieux "Gloria in excelsis".

Joseph, fatigué, dort près de Marie, qui, émue, contemple son enfant tout rose, tout humain dans ses langes blancs. Dans son léger sommeil, il envoie un sourire à sa maman. Sur la joue empourprée de la Vierge glisse une larme émue. Un ange saisit du bout de l’aile cette petite larme et s’envole dans l’immense plaine céleste. Oh ! merveille ! Chaque coup d’aile angélique divise la « goutte cristalline » en des milliers de légers flocons blancs qui tournoient, valsent au rythme des cantiques et, dans un interlude, se posent sur la terre.

Le toit des chaumières et des palais, les clôtures, les rues et les plaines se sont habillés d’ouate blanche et moelleuse. Les sapins courbent la tête sous le poids du léger « fardeau blanc ». Le Christ est né ! Et la neige, dans toute sa splendeur, vient vêtir le royaume terrestre d’une cape de velours soyeux. La coupole céleste s’est teintée d’un bleu saphir ; la lune jette ses rayons froids sur le cristal neigeux et les étoiles glissent vertigineusement dans l’atmosphère pour venir parer la demeure de l’Enfant-Roi.

Jamais la terre n’a connu d’aussi riches splendeurs. Ce fut la naissance du Sauveur et aussi... celle de la neige.

Le premier Noël amena la première des premières neiges.

L’ange divin avait saisi une larme de la jolie maman et son innocence. Il se pencha sur l’Enfant pour recueillir sa pureté et sur Joseph pour adopter sa joie. Et... il partit. De l’espérance dont causaient les rameaux il enleva une pointe. Pour ajouter plus de charme à son œuvre, il y mêla une note berceuse de la cantilène du ruisseau, l’éclat scintillant des étoiles et la splendeur du ciel. Avec la permission du Père Éternel, il créa les "LÉGERS FLOCONS DE NEIGE".

Et c’est depuis ce jour que, chaque année, chaque pays où la température est propice se revêt d’une robe immaculée. C’est depuis ce jour que tous les petits et les grands s’émerveillent devant la première neige. C’est aussi depuis ce jour que la neige tient si large place dans la féerie de Noël.

La neige, pour les riches comme pour les pauvres, est, et restera toujours un merveilleux présent de Noël !

***
Isabelle PIERRE, décembre 1960.
Paru dans Crescendo,
Union canadienne des jeunes écrivains,
Éditions Nocturne, 1963.

jeudi 22 décembre 2011

Matin de Noël

C'était le matin de Noël. 
Éveillé avant le jour, Jérôme songeait aux souliers qu'il avait mis dans la cheminée. Ils devaient être pleins, à présent. Quelles surprises allait-il y trouver ?
- Ne te lève pas trop tôt, avait recommandé maman la veille au soir, en l'embrassant. Et souviens-toi : il ne faut pas ouvrir la porte de ta chambre avant que je t'appelle.
Jérôme ne pouvait plus attendre. Il étendit le bras et pressa sur le bouton pour allumer sa lampe de chevet.
Mais... quelle était cette grosse boule près de son oreiller ? Une orange ? Surpris, il la prit et l'examina. Il y avait des lettres taillées dans l'écorce. Lentement il tourna l'orange et lut : "Va... voir... tes... souliers !" 
Jérôme sauta hors du lit et courut à la cheminée. Ravi, il battit des mains. Un gros paquet brun était posé sur ses souliers. Vivement il arracha le papier et tira d'un carton un magnifique tracteur pour sa ferme modèle. A l'intérieur du tracteur, un petit billet disait : "Va... voir... dans... l'armoire." Dans l'armoire, il découvrit un nouveau paquet. Le paquet arraché, il en sortit une grosse balle et un troisième billet : "Va... voir... dans... la... bibliothèque." Que cette chasse au trésor était donc amusante ! Jérôme trouva ainsi un jeu de patience, un livre, des crayons de couleur, des albums à colorier, des bonbons...
Dans ce dernier paquet un petit mot disait : "À présent... ouvre... la... porte... de... ta chambre !" Jérôme courut à la porte et l'ouvrit. Il poussa un cri ! Devant lui, une bicyclette flambante neuve... ce qu'il désirait le plus au monde, depuis si... si longtemps. Papa et maman sortirent de leur chambre :
- Joyeux Noël, mon chéri !
Jérôme se jeta à leur cou : "
- C'est le plus beau Noël de ma vie ! dit-il à ses parents en les embrassant. 

mercredi 21 décembre 2011

D'où viennent les rennes du Père Noël ?


 Nous ne savons pas vraiment pourquoi les rennes ont été associés au père Noël, mais ils sont apparus pour la première fois en 1821, dans un poème de William Gilley, un imprimeur de New York, qui commençait comme suit : "Avec beaucoup de joie, le Père Noël, dirigeait ses rennes dans la nuit de Noël".
En 1882, Clement Clark Moore, un ami de Gilley, utilisa ce nouvel ajout dans un autre poème "La nuit avant Noël", Moore a immortalisé huit petits rennes par leur nom.

"Je n'en crus pas mes yeux
Quand apparut au loin,
Un traîneau et huit rennes
Pas plus gros que le poing,
Dirigés par un petit personnage enjoué
C'était le Père Noël
Je le savais.
Ses coursiers volaient
Comme s'ils avaient des ailes
Et lui chantait,
Afin de les encourager :
"Allez Tornade, Furie et Fringuant !
En avant Comète et Cupidon !
Allez Éclair et Tonnerre !
Tout droit vers ce porche,
Tout droit vers ce mur !
Au galop, au galop mes amis
Au triple galop !"

Depuis ce temps, les rennes sont devenus parties intégrantes de l'histoire de Noël avec les enfants qui leur laissent des gâteries et avec l'arrivée du plus célèbre d'entre tous : Rodolphe le petit renne au nez rouge.

***
De Mark D. Québec, Canada

mardi 20 décembre 2011

L'histoire du petit renne au nez rouge


Il était une fois, au pôle Nord, un vieux bonhomme très gai qu’on appelait le Père Noël. On était au mois de décembre et notre ami était très occupé. Tous les jours il se rendait dans son grand atelier où des lutins fabriquaient des jouets très modernes pour les enfants.
Il y avait aussi les rennes que le Père Noël visitait tous les matins, mais celui qu’il préférait s’appelait RODOLPHE il flattait l’animal en disant :
- Tu es le plus petit de mes rennes, RODOLPHE, mais tu es le plus beau ! Or, une nuit que le Père Noël dormait et ronflait, le lutin PATAPOUF qui prenait soin des rennes, dit à ses compagnons :
- Si on allait se promener dans la forêt, cette nuit, qu’est-ce que vous en pensez, les amis ?
- Excellente idée! Youpee!
En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, PATAPOUF attela les rennes au traîneau du Père Noël, y compris RODOLPHE, et les lutins partirent en criant:
- Quel beau voyage nous allons faire au clair de lune !
Les rennes couraient si vite que RODOLPHE tomba dans un banc de neige et ne put se relever. Il
eut beau crier :
- Attendez-moi ! Attendez-moi !
Hélas les lutins poursuivirent leur course, sans entendre le pauvre RODOLPHE et se promenèrent dans la forêt pendant une heure, puis ils revinrent chez le Père Noël, se couchèrent et s’endormirent.
Le lendemain matin, quand le Père Noël apprît que son renne RODOLPHE était disparu, il s’écria :
- Quel malheur ! Quand je pense que mon plus beau renne est perdu ! Mais c'est épouvantable !
Notre vieil ami allait désespérer lorsque la Fée des Etoiles arriva sur les lieux en disant :
- Ne vous en faites pas, Père Noël, on a retrouvé votre renne, il était gelé, mais je l’ai soigné, dorloté, maintenant il est mieux, seulement il a le nez tout rouge.
Le Père Noël se rendit aussitôt dans le domaine des rennes et RODOLPHE pleurait, il disait dans son langage :
- Que je suis malheureux, mon nez est rouge, maintenant, Père Noël, je suis laid et tous mes amis se moquent de moi, on m’appelle le renne au nez rouge.
- Ne pleure pas, RODOLPHE, car cette nuit, c’est toi qui éclaireras ma route dans ma grande tournée sur la terre.
Puis, lorsque minuit sonna, mes enfants, le Père Noël se mit en route pour son grand voyage avec notre ami, RODOLPHE, et joyeux notre vieil ami chantait :

On l'appelait nez rouge
Ah ! Comme il était mignon
Le petit renne au nez rouge
Rouge comme un lumignon

***
Cette histoire a été écrite par Robert L. May, en 1939
tandis que son beau-frère composa en 1947 la célèbre chanson




Rudolph, le petit renne au nez rouge

 
 
D'après une chanson de Johnny Marks 
" Rudolph, the Ned-nosed Reindeer"
Adaptation française Jacques Larue
 
***

Quand la neige retrouve la verte Finlande
Et que les Rennes traversent la lande
Le vent dans la nuit
Au troupeau parle encore de lui

On l'appelait Nez Rouge
Ah ! Comme il était mignon
Le p'tit Renne au nez rouge
Rouge comme un lumignon

Son p'tit nez faisait rire
Chacun s'en moquait beaucoup
On allait jusqu'à dire
Qu'il aimait boire un petit coup

Une fée qui l'entendit
Pleurer dans le noir
pour le consoler lui dit
"Viens au paradis ce soir"

Comme un ange Nez Rouge
Tu conduiras dans le ciel
Avec ton p'tit nez rouge
Le chariot du Père Noël

Quand ses frères le virent d'allure aussi leste
Suivre très digne les routes célestes
Devant ses ébats
Plus d'un renne resta baba

On l'appelait Nez Rouge
Ah ! Comme il était mignon
Le p'tit Renne au nez rouge
Rouge rouge comme un lumignon

Maintenant qu'il entraîne
Son char à travers les cieux
C'est lui le roi des rennes
Et son nez fait des envieux

Vous fillettes et garçons
Pour la grande nuit
Si vous savez vos leçons
Dès que sonnera minuit

Ce petit point qui bouge
Ainsi qu'une étoile au ciel
C'est le nez de Nez Rouge
Annonçant le Père Noël
Annonçant le Père Noël
 
 

Le petit renne au nez rouge en vidéo

lundi 19 décembre 2011

L'Enfant Jésus et les mouches

Il ne faisait certes pas chaud dans l'étable de Bethléem quand vint le temps où l'Enfant divin devait être mis au monde. L'hôtelier y conduisit. Joseph et Marie en leur disant : 
- Je n'ai malheureusement pas de place ailleurs ; faites en sorte de vous arranger pour le mieux !  Joseph, en frottant ses mains l'une contre l'autre pour les réchauffer, soupira. 
- Brrr, qu'il fait froid ! Et dire qu'il n'y a pas d'animaux dans l'étable. Comment peut-on y passer la nuit sans geler ?
Vous savez tous pourtant qu'il y avait, dans cette étable, un bœuf et un âne qui, sous la crèche, mangeaient le fourrage qu'on leur avait donné. Mais l'étable était vaste et l'haleine de ces deux animaux n'arrivait pas à la réchauffer.
Le bœuf et l'âne se réfugièrent dans un coin et se serrèrent l'un contre l'autre afin de n'avoir pas trop froid eux-mêmes.
L'âne dit au bœuf : 
- Nous devrions nous efforcer, à nous deux, de tiédir l'air avec notre haleine.
- D'accord ! fit le bœuf,
et voici nos deux braves bêtes qui, soufflant à qui mieux mieux, parvinrent à réchauffer l'atmosphère. Elles y mirent une telle ardeur qu'on aurait pu croire qu'il y avait un four dans l'étable. Les mouches mêmes, qui avaient choisi les fentes les plus profondes du bois pour y passer l'hiver, se ragaillardirent et commencèrent à mettre le nez dehors. Elles se figuraient que le printemps était déjà de retour.
Les mouches ont une petite tête ronde, avec deux yeux à facettes. Elles voient les choses plus belles, plus colorées que les autres créatures. Dans leur minuscule cervelle roulent aussi des pensées plus curieuses et plus intelligentes. C'est pourquoi elles ne tardèrent pas à remarquer qu'il se passait, dans l'étable des événements mystérieux. 
- Je m'en vais interroger l'âne, dit l'une d'elles, l'âne qui souffle comme un forcené. Ce n'est sûrement pas sans raison. 
Mais le baudet, contrarié, ne répondit pas et, agitant ses oreilles, envoya l’importune rouler dans la paille. 
- Le bœuf, lui, me renseignera , se dit-elle quand elle eut recouvré ses esprits.
Mais celui-ci soufflait avec une telle ardeur et faisait de son haleine un tel nuage de vapeur que notre mouche jugea prudent de ne pas aller s'y brûler les ailes.
Sur ces entrefaites, l'Enfant Jésus fit son entrée dans le monde. Un ange l'apporta et le déposa dans la crèche. Aussitôt une foule de gens se trouva rassemblée dans l'étable. Les bergers étaient accourus de leurs champs et, se pressant pour franchir la porte basse, ils entourèrent Marie, Joseph et la crèche sainte. Ce ne fut qu'une exclamatio:
- Quel enfant merveilleux ! 
Une petite mouche, qui s'était posée en confiance sur les naseaux de l'âne, puis presque sur le mufle du bœuf, ne se contint plus. Poussée par la curiosité, elle vola au-dessus des têtes et alla jeter un coup d'œil au nouveau-né.
- Vraiment, s'écria-t-elle, c'est bien là le merveilleux enfant divin !
Mais les trois Rois, où donc s'étaient-ils attardés ? Les voici précisément qui frappent à la porte et entrent lentement, majestueusement, comme il convient à des Rois Mages. C'est Balthazar, le roi maure, que les mouches trouvèrent le plus beau. Et, sans façon, elles se posèrent sur les pointes de sa couronne d'or. Un parfum subtil, comme elles n'en avaient jamais respiré, monta jusqu'à elles : c'était l'encens que les Rois brûlaient. Mais la fumée les obligea à regagner leur retraite où elles se morfondirent, car leur plus grand désir était d'admirer, elles aussi, l'Enfant Jésus.
Le petit Jésus, dans sa crèche, sourit aux Rois Mages, puis il regarda les mouches et il eut pitié d'elles. D'une voix faible, si faible que les humains ne la percevaient pas, il dit aux mouches en leur langage :
- Volez bien haut, là où la fumée de l'encens ne monte pas et appliquez-vous contre le plafond. De là, vous pourrez me regarder tranquillement et me chanter un petit air.
Les mouches eurent peine à croire qu'il était possible de se tenir et de marcher, la tête en bas, contre un plafond. Elles essayèrent pourtant et leur réussite les combla de joie. En se promenant de-ci de-là, elles purent, de là-haut, contempler tout à leur aise le petit Jésus. Elles se mirent à chanter si harmonieusement que les bergers et les Rois Mages levèrent la tête et écoutèrent. Et quel ne fut pas leur étonnement de voir les mouches aller et venir sur le plafond.
C'est depuis ce jour-là que les mouches marchent la tète en bas quand il leur en prend la fantaisie. Le petit Enfant Jésus, dans sa crèche, leur en a donné le pouvoir.

***
Conte de Roumanie

samedi 17 décembre 2011

Le trésor des Trolls


Dans une petite ferme de Suède, loin là-haut dans le Nord de l 'Europe, vivait une famille de lutins. L'un d'eux s'appelait Jorrik ; c'était un tout jeune lutin : à peine 100 ans et pas de barbe !
La fille des fermiers allait bientôt se marier et Jorrik aurait bien voulu lui faire un cadeau car elle était très gentille. Il dit à son père, qui était un vieux lutin très sage :
- Je vais aller voler un collier dans le trésor des Trolls. J'en ferai cadeau à Margarete pour son mariage.
- Pas question ! dit son père. Les Trolls gardent leur trésor jour et nuit et s'ils t'attrapent, ils te mangeront. Je t'interdis bien d'aller dans la montagne, même la nuit de Noël.
- Pourquoi la nuit de Noël ? demanda Jorrik d'un air très innocent.
- Cette nuit là, dit son père, les Trolls comptent leurs richesses et ils sont si occupés qu'ils ne s'aperçoivent de rien. Celui qui a le courage d'entrer dans leur caverne peut se servir tranquillement... mais je ne veux plus que tu penses à ce trésor des Trolls !
Pourtant, Jorrik ne pouvait s'empêcher d'y penser. La nuit de Noël arriva enfin et les lutins veillèrent très tard. Puis tout le monde alla se coucher, tout le monde... sauf Jorrik.
Il sortit sans bruit et partit dans la nuit froide et noire, sans se soucier de la neige et du vent. Il marcha longtemps, traversa la forêt et finit par arriver à la montagne des Trolls.
Il grimpa sur les rochers en s'accrochant aux herbes, et chercha longtemps une ouverture pour pénétrer dans la montagne.
Enfin, il aperçut une fente d'où sortait une lueur. Il était si petit qu'il n'eut pas de mal à se glisser dans la fente. Il suivit la fissure de la roche et finit par arriver dans une caverne immense.
Et c'est là qu'il vit deux Trolls. Ils étaient bien comme son père et son grand-père les avaient décrits : énormes, très laids, avec une grande bouche et de grosses pattes poilues en guise de mains. Très occupés à compter leur trésor entassé dans un grand coffre, ils ne virent pas Jorrik s'approcher.
Sans bruit, il grimpa le long du coffre, en s'accrochant aux clous et aux ferrures. Arrivé en haut, il aperçut un joli collier de perles et sauta dans le coffre pour aller le chercher.
Juste à ce moment, un des Trolls s'écria :
- Ouf, c'est fini, nous avons tout compté !
Et clac ! il referma le couvercle du coffre.
Pauvre Jorrik, prisonnier dans le coffre ! Est-ce qu'il allait mourir de faim et de soif ?
Heureusement, il était malin . Il s'approcha de la serrure et se mit à crier comme une petite souris :
- Couiiii ! couiiii !
- Tiens, il y a une souris dans le coffre, dit l'un des Trolls.
Moi j'aime bien les souris, même si ce n'est pas grand-chose à manger.
Il souleva un peu le couvercle, glissa la main et , en tâtonnant, il attrapa Jorrik.
- Hé là, cria le petit lutin, en serrant bien fort le collier dans ses mains, je ne suis pas une souris !
- En effet, tu n'es pas une souris, dit le Troll, en l'examinant. Tu es un lutin. Ravi de te rencontrer... car je n'ai encore jamais mangé un des tiens !
Et il éclata d'un rire énorme.
- Donne-le-moi, je vais l'ajouter à la farce de la dinde, dit l'autre Troll, en se léchant les lèvres.
- Mais vous ne pouvez pas me manger comme ça ! J'ai beaucoup marché dans la montagne et je suis tout sale, dit Jorrik.
Alors le Troll l'emporta près de la rivière qui coulait au fond de la caverne. Il le trempa dans l'eau puis le secoua pour l'égoutter.
- Allons ! dit Jorrik d'un air sévère. Ce n'est pas comme ça qu'il faut faire. Il faut me brosser pour bien enlever la terre.
- Pff ! dit le Troll en haussant les épaules.
Mais il posa Jorrik et alla chercher une brosse.
Pendant ce temps, Jorrik regardait autour de lui en cherchant un moyen de s'échapper. Soudain, il eut une idée !
Au bord de la rivière était attachée une cruche qui servait à puiser l'eau. Il sauta dans la cruche, sans lâcher le collier, et avec son couteau coupa la ficelle qui retenait la cruche.
Comme une barque, elle partit au fil du courant en emportant Jorrik. En revenant au bord de l'eau, le Troll se mit à pousser des cris à faire trembler la montagne mais il ne pouvait rien faire !
La rivière emporta Jorrik sous la montagne puis le déposa dans la vallée, à l'air libre. Il rentra chez lui en chantant car il était très fier de lui. Le matin de son mariage, Margarete trouva le joli collier sur son oreiller. Elle comprit d'où venait ce cadeau et, à la fin du repas, elle n'oublia pas de
laisser sur la table un morceau de gâteau pour les lutins.

***
Adapté d'un conte scandinave.
Tiré du livre: Mille ans de Contes.

vendredi 16 décembre 2011

Le père Noël a disparu

Monsieur  Grosmagot était le plus riche marchand de jouets de tout le pays. Mais cela ne lui suffisait pas. Il voulait gagner encore et toujours plus d'argent.
- Maudit Père Noël ! grognait-il. Chaque année il offre des jouets fabriqués magiquement par ses rennes. C'est pour cela que les parents m'en achètent moins. Je vais enlever ce vieux bouc et me débarrasser de ses rennes magiques !
Ce qui fut dit, fut fait. Le soir de Noël suivant, quand le Père Noël se posa près d'une cheminée, les hommes de Grosmagot se jetèrent sur lui et l'enfermèrent dans un grand sac. Puis, ils se débarrassèrent des rennes...
Cette nuit-là, les parents de tout le pays s'aperçurent que le Père Noël n'était pas passé. Alors, pour que leurs enfants n'aient pas trop de peine, ils se rendirent chez Grosmagot et achetèrent eux-mêmes les jouets. Grosmagot était ravi ; il avait gagné encore plus d'argent que les autres années. Il descendit dans les caves de son château où il avait fait emprisonner le Père Noël et se moqua de lui.
- Grand merci, Père Noël ! Grâce à vous, je suis de plus en plus riche ! Et ce n'est pas fini !
Le Père Noël baissa la tête et ne répondit rien.
Grosmagot sortit une feuille de sa poche et se mit à dessiner le costume du vieil homme. Puis, il fit fabriquer des centaines de costumes semblables.
L'année suivante, les habitants du pays furent bien étonnés de trouver des centaines de Père Noël dans les rues et dans les magasins de Grosmagot.
Hélas, ces Pères Noël n'étaient pas aussi généreux que le vrai. Eux ne donnaient pas les jouets ; ils les vendaient. Ils les vendaient même très cher. Malgré tout, certains parents en achetèrent car ils se doutaient que le Père Noêl ne passerait plus. D'autres parents, expliquaient à leurs enfants que ces Pères Noël-là étaient des faux, des vendeurs déguisés. Mais les enfants demandaient en pleurant les jouets des vitrines.
Grosmagot, lui, se frottait les mains. Chaque année, il s'enrichissait davantage. Cependant, un jour, il entendit un vacarme épouvantable dans la cave. Il eut juste le temps de voir le Père Noël qui s'échappait, juché sur un renne volant.
- Zut ! grogna-t-il. Mes hommes m'avaient bien dit que les rennes magiques leur avaient échappé ! Bah ! De toutes façons, ce vieux fou ne peut rien faire contre moi à présent !
En effet, quand le Père Noël voulut raconter son histoire, personne ne le crut. Tant de Pères Noël juraient qu’ils étaient les vrais qu'on pensa que lui aussi était un vendeur déguisé. Chaque fois qu'il abordait quelqu'un dans la rue, on lui répondait :
- Non ! Nous ne voulons plus rien acheter !
Ou encore, certains le menaçaient :
- ça suffit monsieur ! Arrêtez de nous déranger ou nous appelons la police !
Le Père Noël n'insistait pas et s'éloignait en s'excusant. Il était désolé de ne pouvoir convaincre personne. Il décida alors de se retirer dans son châlet, où il fabrique toujours de beaux jouets.
A Noël, il les distribue à tous les enfants, à tous ceux qui pensent souvent à lui.
Et sais-tu comment on reconnait un jouet fait par le Père Noël d'un jouet acheté dans les magasins  de Grosmagot ? Eh bie, c'est tout simple, ce sont le sjouets qui font vraiment plaisir !
 
***
Texte de Nicolas De Hirsching
Tiré de Toboggan magazine N° 61 de décembre 1985

jeudi 15 décembre 2011

Le réveillon de Piboule

Il y avait à Montolivet, près de Marseille, un propriétaire du nom de Piboule. Ce nom allait bien au bonhomme, long et maigre comme un peuplier (piboul en provençal). Peut-être alors n'était-ce que son surnom ? Allez savoir, depuis le temps ?
C'était un propriétaire si minable qu'il ne trouvait pas tous les matins de qui se mettre sous la dent. Quelquefois, on lui faisait la charité d'un quignon de pain, d'une poignée d'oignons ou même d'un sou ou deux... Je parle d'il y a longtemps.
Mais quelquefois aussi, il se passait bien des jours sans qu'on lui offre un sou ou un oignon ou seulement un quignon de pain. Le plus triste de l’affaire, c'est que personne ne voulait lui donner du travail parce qu'il n'avait guère de forces. Peut-être aussi à cause de ses gros yeux clairs comme l'eau et qui faisaient peur tant ils étaient pleins d'innocence... Vous me comprenez.
Piboule était tout de même propriétaire et peu de monde pourrait en dire autant. Il possédait les quatre murs d'une masure avec un lopin de terre ou rien ne poussait, si ce n'est peut-être simplement quelques touffes de ronce et un saule pleureur. A cette époque, les H.L.M. n'avaient pas été inventées et Montolivet n'était qu'une campagne piquée d'oliviers.
Une année, le vent emporta un pan de cheminée, une autre année, la pluie pourrit le plancher. Chaque fois aussi s'enlevait quelque chose au propriétaire lui-même : tantôt un peu de ses cheveux, tantôt une dent... Bientôt Piboule eut le devant de la tête presque chauve et plus de dents du tout. Mais il restait beaucoup de résignation dans ses yeux pâles et il ne demandait seulement au Bon dieu que de le laisser dans sa propriété de Montolivet.
- Je n'y suis pas mal, disait-il en ses prières. Je manque parfois du nécessaire, mais quand il y a moins de tuiles, j'ai davantage de soleil, l'été, plus d'air et plus d'eau si j'en ai besoin. J'ai aussi mon fusil. Je ne m'en sers pas parce que la poudre coûte cher, mais ça me rassure de l'avoir. Mes cheveux tombent, c'est entendu, mais j'ai encore ma casquette de loutre. J'ai perdu toutes mes dents, mais voyez comme tout s'arrange bien : je n'ai presque rien à manger.
Ce 20 décembre-là, le vent souffla tant dans sa bicoque que, pour se mettre à l'abri, il fut obligé de se réfugier... dehors et de vagabonder dans les champs incultes, parmi les combes pierreuses. Et, comme il allait de-ci de-là, il fit la rencontre de chasseurs qui venaient de Marseille. Jamais il n'en avait tant vu.
- Il y a donc bien du gibier, cette année ? demanda-t-il.
- Pire ! Un ours rôde par la campagne, brave homme.
- Un ours ? Quel ours ?
- Celui qui, la semaine dernière, s'est sauvé de la ménagerie. On dit qu'il est méchant et on a promis une prime de cent écus à qui le tuera.
- Bonne Mère, tant que ça ?
- Ma foi, oui et si ça te dit quelque chose de gagner la prime, tu peux chasser comme nous, ajouta le chasseur en rinat.
C'est qu'il s'en sentait la courage, Piboule, tout mesquinet qu'il fût ! Il retourna à la maison et décrocha le fusil. L'arme était en bon état car Piboule le soignait bien, toujours à la frotter avec du sable, cela empêche la rouille. Il lui manquait seulement une bonne charge de poudre et de gros plombs.
Piboule prit les quinze sous qu'il avait mis en réserve pour s'acheter quelques pommes de terre à cuire sous la cendre pour le réveillon de Noël. Tant pis, il se passeait de pomems de terre.
Il dépensa tous ses sous en munitions. puis il mangea un oignon pour se donner des forces et s'en alla chasser l'ours.
- Si je le vois : pan ! pan ! Je le tue.
Piboule ne rencontra pas l'animal. Il mit quatre jours à le chercher. Quand il retourna chez lui, le pauvre propriétaire se sentait tellement fatigué qu'il n'eut même pas le courage de manger le seul oignon qui lui restait. Il le garda en vue du prochain repas...
Le prochain repas, c'était pour tous le réveillon de Noël. Aussi, dès la nuit tombée, mangea-t-il son oignon ce soir-là avec d'autant plus de plaisir. Puis il se mit à genoux et pria. Il avait la voix bien faible et il pouvait à peine remuer les lèvres mais sûrement le Bon Dieu l'entendait.
- J'ai fini mon dernier oignon, Seigneur ! Si j'avais pu tuer l'ours, j'aurais gagné cent écus et je me serais payé des pommes de terre et des oignons pour le reste de ma vie. je n'ai pas tué l'ours parce que je ne l'ai pas vu. J'avais mis toute ma fortune dans mon fusil. Il faudrait maintenant un miracle ou alors je vais mourir de faim. J'aimerais mieux un miracle. Mon Dieu, voulez-vous en faire un pour moi ? Si je vous demandais d'envoyer l'ours dans ma demeure, afin que je le tue, trouveriez-vous que j'exagère ?... Enfin, je vous laisse juge... mais comme aujourd'hui c'est la veille de Noël, je vais mettre mes sabots devant la cheminée. Peut-être que vous y déposerez quelque chose à défaut d'un ours. Je vous en remercie mon Dieu !
Piboule plaça ses pauvres sabots minables devant la cheminée tout en terminant sa prière :
- O bon Jésus, voilà une cheminée qui sera bien commode pour vous. Beaucoup de pierres sont tombées et cela forme une vaste entrée de chaque côté, comme au Paradis. Amen.
Et, avant de se coucher, il alla décrocher son fusil et l'appuya contre son chevet. Enfin, il s'endormit...
Il y avait à Montolivet une très grande horloge qui carillonnait toutes les heures. Neuf heures sonnèrent, puis dix, puis onze. Minuit s'égrenait lorsque le petit Jésus descendit dans la cheminée.
Il vit les sabots de Piboule. Qu'ils fussent tellement vieux, cela lui était égal, mais il les trouva trop grands. dans des sabots de cette taille, on ne peut pas mettre des jouets ! Jésus n'avait emporté que des trompettes, de petits tambours et des poupées. Alors il se pencha et toucha les sabots de ses doigts divins et les sabots se remplirent de miel. Puis, Jésus remonta par la cheminée ouverte à tous les vents.
Or, l'ours rôdait par là.
- Oh ! mais cela sent le miel, se dit-il.
Alléché, il entra par la porte.
Elle ne fermait plus depuis longtemps, mais il dut encore écarter quelques pierres car elles empêchaient son énorme masse de passer. Les sabots débordaient de miel. Une source de miel, quelle aubaine pour un ours affamé ! Sans prendre garde à Piboule qui dormait, l'animal s'approcha de la cheminée.
Miam, miam, miam. Il faisait tellement de bruit, ce gourmand mal élevé, que Piboule se réveilla.
" L'ours !"
Avant même de songer à remercier le Bon dieu, notre propriétaire prit son fusil et visa : pan ! La bête se dressa, paraissant aussi énorme qu'une montagne. Mais Piboule n'eut même pas le temps de ressentir la moindre peur que déjà l'ours s'effondrait et ne remuait plus. Alors Piboule se mit à genoux et remercia le Ciel.
Puis, -était-ce l'émotion qui lui creusait encore plus l'estomac ? - Piboule se rendit compte qu'il avait vraiment, mais vraiment très faim. Tout en trempant ses doigts dans le miel et en les léchant avec délices, il compta mentalement l'argent que cette chasse miraculeuse lui rapporterait.
- Un écu, deux écus, miam, miam, trois, miam, quatre, miam... neuf, dix écus ! miam, miam, miam !...
Ah ! Quel dommage de n'avoir pas cent doigts !
On ne pourrait guère reprocher à Piboule de vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué ! Pour la première fois de sa vie, il se rendormit satisfait et le ventre plein. Un vrai ventre de propriétaire ! Quel bon réveillon !
"Demandez et vous serez exaucé". Le tout est de savoir bien demander.

***
Maguelonne Toussaint-Samat
Tiré des Contes et récits du Temps de Noël
Éditions Nathan

mardi 13 décembre 2011

L'incroyable histoire de la phalange de Saint-Nicolas


Il était une fois dans un pays lointain , bien loin de la Lorraine, au-delà des montagnes et des mers, un homme prénommé Nicolas. Nicolas était né dans une famille très riche, mais ses parents moururent très tôt de maladie, le laissant orphelin. À partir de ce jour, il décida qu'avec son argent, il ferait le bien autour de lui. Et c'est ce qu'il fit : il donna à manger aux pauvres, soigna les malades, aida les enfants à trouver un foyer. Durant toute sa vie, il ne cessa de secourir les plus démunis. À sa mort, beaucoup de monde vint à son enterrement pour le remercier de tout ce qu'il avait fait. On décida d'ériger sa sépulture sous un chêne, face à la mer. À peine fut-il enterré qu'une colombe vint se poser sur sa tombe. Lorsqu'elle s'envola une source d'eau jaillit comme par magie, et bien vite, les gens se rendirent compte que cette eau avait la propriété de guérir les maladies. Pendant longtemps, des hommes et des femmes venus parfois de très loin, se rendirent sur la tombe de celui que l'on nommait dorénavant saint Nicolas, pour chercher un peu d'eau qui soulageait tous leurs soucis.
Un jour, un navire de marchands italiens accosta au port non loin d'où se trouvait la tombe de saint Nicolas. Les marins apprirent rapidement l'existence de la source d'eau miraculeuse et ne voyant que l'argent qu'ils pouvaient ne gagner, décidèrent de voler les reliques du saint. Ils commirent leur méfait pendant la nuit et au matin, le navire repartit en mer en direction de leur village natal. Parmi l'équipage, cependant il y avait un jeune garçon qui lui n'approuvait pas ce que les autres avaient fait. Et il ne cessait de leur dire :
- Ce n'est pas bien d'avoir volé les reliques de saint Nicolas, une malédiction va s'abattre sur nous !
Mais personne ne le prenait au sérieux, au contraire, les autres marins se moquaient de lui. Le navire vogua plusieurs semaines sur une mer calme. Mais un soir, alors que rien ne le présageait, une violente tempête éclata. La pluie s'abattit comme un rideau de fer, le ciel était illuminé d'éclairs et le vent soufflait en rafales provoquant des vagues plus hautes que le bateau. Les marins, qui avaient pourtant de l'expérience en mer, n'avaient jamais vu cela et sentaient leur mort approcher. Le jeune garçon sut tout de suite que c'était la malédiction qu'il avait tant redouté. Ne voyant qu'une seule solution, il courut dans les cales du navire où reposaient les reliques de saint Nicolas et se saisit d'une de ses mains en disant :
- Saint Nicolas, pardonne-moi d'avoir laissé voler tes reliques et sauve-moi de cette terrible tempête !
La main de saint Nicolas se mit alors à rayonner d'une lumière dorée. Le jeune garçon sursauta mais ne lâcha pas la main, fasciné, hypnotisé par cette lumière qui s'intensifiait à chaque seconde. Puis un bruit assourdissant venant du pont du navire retentit. Le jeune garçon sursauta et remonta de la cale en tenant toujours la main du saint. Il  vit alors un spectacle à la fois horrible et magnifique : l'orage avait dû s'abattre sur le navire, tuant tout l'équipage. Autour de lui, la pluie avait cessé de tomber. La mer s'était calmée, le vent était redevenu une simple brise et au loin les premiers rayons de l'aube transperçaient le ciel noir illuminant les côtes de son pays natal. Le jeune garçon savait que c'était saint Nicolas qui, par-delà la mort, venait de le sauver. La main, qu'il tenait, avait cessé de briller. Lorsqu'il rentra dans son village et qu'il conta son aventure, les habitants prirent la décision de garder précieusement la relique du saint en l'enterrant sous un chêne face à la mer. Dès qu'elle fut sous terre, une colombe vint à nouveau se poser et cette fois, lorsqu'elle s'envola, une source d'huile miraculeuse en jaillit. Sa réputation se propagea bientôt dans tout le pays et au-delà des frontières, amenant chaque jour pendant de longues années des centaines de personnes.
Un jour, le jeune garçon, devenu un vieil homme, se promenait. Il vit agenouillé devant la tombe où reposait la main, un voyageur étranger. L'homme avait dû faire un long chemin. Il était en haillons et très amaigri.
- Bonjour, répondit le voyageur. Je viens de loi, de très loin, d'un pays que l'on appelle la Lorraine. J'ai entendu parler de la main magique et de ton histoire et je suis venu dans le but de la voler. Je suis arrivé hier et j'ai observé tous les gens qui venaient chercher de l'huile et remerciaient saint Nicolas et je n'ai pu me résoudre à dérober la main. Si mes intentions étaient mauvaises lorsque je suis venu ici, mes raisons sont bonnes. Laisse-moi te conter ma douloureuse histoire : il y dans mon pays, un démon que l'on appelle le Père Fouettard. Cet homme vient dans les maisons chercher les petits enfants qui n'ont pas été sages et ne les rend jamais à leurs parents. J'avais trois enfants qui étaient, il est vrai, des petits garnements et malgré mes avertissements contre le Père Fouettard, ne faisaient que des bêtises. Et un soir, le démon est venu me les prendre. J'ai cherché à les retrouver dans tout mon pays mais en vain, ils avaient disparu. Et puis un jour, un chevalier est passé dans notre village et nous a raconté l'histoire de cette main magique. J'ai donc décidé d'entreprendre ce voyage pour la voler pour que saint Nicolas m'aide à faire revenir mes enfants. Mais aujourd'hui, voyant tout le bien qu'elle procurait aux gens, je n'ai pu m'y résoudre et j'ai décidé de rentrer chez moi…
En entendant cette histoire, le vieil homme fut attristé. Il s'approcha de l'étranger, lui serra l'épaule et lui dit :
- Tu es très courageux d'avoir fait tout ce chemin et je vois que ta quête est pure. Mais je ne peux pas te laisser partir avec la main. Elle est très importante pour nous ici. Cependant, si je ne peux te donner la main, je peux te donner une phalange et tu pourras ainsi sauver tes enfants.
Sur ces paroles, le vieil homme déterra la main, et remit une phalange au voyageur. Ce dernier le remercia mille fois et reprit son chemin vers la Lorraine. Les jours et les nuits passèrent, et bientôt le voyageur vit au loin les montagnes, signe qu'il approchait de la frontière de son pays. La route avait été longue pendant la journée et il décida d'installer son campement pour la nuit. Il dormait depuis quelques heures lorsqu'un bruit sourd le réveilla. Il ouvrit les yeux et vit devant lui un énorme dragon aux yeux rouges. Paralysé de peur, il n'eut pas le courage de s'échapper. Alors que le dragon s'approchait, il aperçut à côté de lui un objet briller : c'était la phalange qui s'était mise à scintiller. Il s'en empara aussitôt et la brandissant devant le dragon, il s'écria :
- Nicolas, protège-moi de ce dragon pour sauver mes enfants du démon !
La phalange s'illumina de plus belle produisant une lumière aveuglante. Le voyageur ferma les yeux et entendit le dragon rugir puis, d'un coup, le silence se fit autour de lui. Il ouvrit les yeux et vit que la, phalange ne brillait plus. Il se rendit compte que son campement avait disparu et des montagnes, des maisons s'élevaient autour de lui. Il reconnut immédiatement son village qu'une fine couche de neige avait commencé de recouvrir. Il entendit l'église sonner minuit. C'était le 6 décembre. Reprenant ses esprits, il vit la phalange s'illuminer à nouveau, puis s'élever toute seule et se diriger vers la maison du boucher. La porte s'ouvrit et la phalange entra. Le voyageur la suivit un peu surpris. La phalange se dirigea vers un tonneau en bois qui était posé au fond de la boucherie. Elle s'arrêta, se redressa et s'enveloppa d'une brume grande et épaisse. La brume commença à dessiner une silhouette qui devint de plus en plus nette. Puis la brume se dissipa et devant le voyageur se tenait un homme à la longue barbe blanche, vêtu d'un manteau violet et tenant à la main une crosse dorée. A cet instant apparut de nulle part le Père Fouettard qui s'écria :
- Que fais-tu saint Nicolas ? Ces trois petits enfants sont à moi ! Ils ne pensent qu'à faire des bêtises et à être impolis !
- Détrompe-toi, Père Fouettard, lui répondit saint Nicolas. Ils étaient comme ça avant mais ils ont eu le temps de repenser à leurs méfaits pendant toutes ses années et aujourd'hui ils se sont assagis.
Saint Nicolas leva alors sa crosse dorée vers le Père Fouettard et frappa le sol trois fois. Des volutes de fumée dorée commencèrent à s'entrelacer autour de l'homme en noir pour bientôt l'emprisonner. Celui-ci essaya de se débattre mais en vain. Les volutes s'intensifièrent et recouvrirent entièrement le Père Fouettard qui disparut aussi vite qu'il était venu.
Saint Nicolas contempla alors de son regard bienveillant les trois enfants et leur dit :
- Allez mes chers petits retrouver votre papa. Vous lui avez manqué et il n'a pas cessé de penser à vous durant toutes ces années. Soyez sages comme des images et sachez que saint Nicolas vous protègera.
Saint Nicolas regarda le voyageur, lui sourit et disparut à son tour, ne laissant derrière lui que sa phalange.
Depuis ce jour, la phalange magique de saint Nicolas est gardée en lorraine. Et tous les 6 décembre, un hommage est rendu à celui qui protège les enfants sages du démon Père Fouettard.

***
Conte de Lorraine
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