BIENVENUE

Des petites histoires à retrouver avec plaisir ou à faire découvrir à vos enfants


jeudi 30 décembre 2010

BONNE ANNEE




Le premier jour de l'an

Les sept jours frappent à la porte.
Chacun d'eux vous dit : lève-toi !
Soufflant le chaud, soufflant le froid,
Soufflant des temps de toutes sortes,
Quatre saisons et leur escorte
Se partagent les douze mois.
Au bout de l'an, le vieux portier
Ouvre toute grande la porte
Et d'une voix beaucoup plus forte
Crie à tous vents : Premier Janvier !

Pierre Menanteau (1895-1992)

mercredi 22 décembre 2010

JOYEUX NOËL


Joyeux Noël à tous les enfants,
petits ou grands,
qui passeront par ici...
Que ces fêtes soient pour vous la plus belle et la plus heureuse, 
non sans une pensée particulière à ces milliers d'enfants
de par le monde et qui n'ont rien !

Bisous et à l'année prochaine !!

Jeux d'hiver

Il a neigé toute la nuit. Au petit matin, les enfants se rendent à l'école à contrecœur.
- Vous aurez le temps d'aller jouer après l'école ! dit le maître. Si vous êtes sages, je ne vous donnerai pas de devoirs.
Après la classe, les élèves se précipitent dehors et entament la construction d'un énorme bonhomme de neige.
Didier, lui, veut faire de la luge.
- Pas tout seul ! avait dit maman.
Mais le petit garçon s'élance sur la piste. Sa vitesse augmente.
- Comment s'arrête-t-on ? crie-t-il en tirant inutilement sur la corde.
- Attention ! avertit Roger.
Les enfants s'écartent de justesse. Comment ceci va-t-il se terminer ?
Didier et sa luge percutent le beau bonhomme de neige... qui s'effondre !
- Maladroit ! s'écrie Bertrand.
- Tout est à recommencer ! se plaint Virginie en hochant la tête.
- Maman t'avait défendu de prendre la luge ! gronde Patrice.
- Ne dis rien ! intervient le grand Maurice. Cet accident lui aura servi de leçon, crois-moi.
Les enfants se remettent au travail et, cette fois, Didier participe à la construction du bonhomme de neige.

***
Petites histoires extraites du livre "365 histoires"Editions Hemma

Textes originaux de Joëlle Barnabé, Jean-Pierre Bertrand,
Jacques Thomas-Bilstein et de Marie-Claire Suigne

Croctout a faim


Croctout, l'écureuil, n'avait plus de provisions et parcourait la forêt à la recherche de nourriture.
- Tu t'es montré trop gourmand, mon ami ! lui dit le chêne. Dans la vie, il faut être prévoyant.
- Cela ne m'arrivera plus ! promit le petit écureuil en pleurnichant.
- Regarde sous ce caillou : j'y ai caché des glands pour les imprudents.
- Tu es gentil ! remercia Croctout. Je me souviendrai de cette leçon.

***
Petites histoires extraites du livre "365 histoires", Editions Hemma
Textes originaux de Joëlle Barnabé, Jean-Pierre Bertrand,
Jacques Thomas-Bilstein et de Marie-Claire Suigne


mardi 14 décembre 2010

Que c’est bon !

Tous les cadeaux ne s’achètent pas. Et bien souvent les plus beaux sont ceux que l’on fabrique soi-même avec cœur et amusement.
Chaque année, aux environs de la fête de Saint-Nicolas, Carole et Michaël fabriquent des truffes en chocolat
qu’ils vont ensuite offrir à leur bonne-mamy Marguerite.
Cette année, c’est aujourd’hui le "jour des truffes".
Maman a réuni tous les ingrédients sur la table de la cuisine :
il y a 200 grammes de chocolat, 60 grammes de beurre, 1 jaune d’œuf, 4 cuillerées à soupe de sucre glacé, du cacao en poudre et une trentaine de petites cuvettes en papier pour pouvoir déposer chaque truffe.
Carole a décoré une boîte en boîte-cadeau.
Pour Carole et Michaël, le moment le plus amusant de la préparation, c’est quand la pâte ramollie est prête à être roulée. Ils s’en mettent plein les doigts et sont ravis !
- Regardez celle-là comme elle est bien ronde, dit Michaël.
- La mienne est trop grosse, dit Carole. Elle est ratée, alors je la mange.
Heureusement que maman surveille ses petits pâtissiers :
- Il faut tout de même laisser des truffes pour bonne-mamy !

***
Petites histoires extraites du livre "365 histoires" Éditions Hemma
Textes originaux de Joëlle Barnabé, Jean-Pierre Bertrand,
Jacques Thomas-Bilstein et de Marie-Claire Suigne

lundi 13 décembre 2010

Le soleil au jardin

 Il fait si froid ce matin qu’au jardin potager les légumes recroquevillés ne veulent plus pousser.
- J’ai un poil dans la main , confie Jojo l’artichaut à Mimi la mâche.
- Moi, je suis toute chiffonnée, ajoute Lulu la laitue.
Les radis ne donnent plus un radis, les navets sont plus pâles que jamais et les haricots, au bout du rouleau. Les légumes sont en grève.
- Qu’allons-nous devenir ? soupire Toto l’escargot à Dame limace. Adieu la nourriture !
Quand, soudain, un pâle soleil d’hiver éclaire la campagne.
Les vitamines et les oiseaux arrivent à tire-d’aile et les légumes, joyeux de cette douce chaleur, retrouvent leur bonne mine sous l’œil ravi du jardinier.

***
Francine Trimbach
Petites histoires trouvées dans d'anciens numéros de "Femme actuelle".

La mésange

Minouche, la jolie mésange, met son écharpe et son bonnet pour s'en aller à le recherche d'un peu de nourriture. Hélas ! une tempête de neige éclate brusquement.
- Que vais-je faire ? murmure-t-elle en claquant du bec.
- Tu vois cette ferme ? lui dit le bouleau. Entre dans la grange et tu y seras bien au chaud.
- Et toi, que vas-tu devenir ?
- J'ai l'habitude ! répond l'arbre. Dépêche-toi avant de geler !
Minouche pénètre dans la grange où plusieurs oiseaux picorent déjà dans l'auge du cochon.
- Viens te joindre à nous ! dit l'un d'eux. Salami, le porc, partage gentiment son repas avec nous. Grâce à lui, nous mangerons bien, cet hiver !

***
Petites histoires extraites du livre "365 histoires" Editions Hemma

Textes originaux de Joëlle Barnabé, Jean-Pierre Bertrand,
Jacques Thomas-Bilstein et de Marie-Claire Suigne

Rêve d’hiver

Dans son profond sommeil d’hiver, Tico, le hérisson, fait un rêve incroyable.
Il voit devant lui un immense panier de belles pommes vermeilles que lui a rapportées Tica, son amie.
Celle-ci lui interdit d’en manger :
- Si tu croques une seule de ces pommes, tu te transformeras en ver, lui dit-elle.
Tico ne croit pas à ces histoires. Et, une fois la nuit tombée, une irrésistible gourmandise le pousse jusqu’au panier.
- Pourquoi me transformerais-je en ver ? se dit-il. Ces pommes sont délicieuses.
Et à belles dents, il dévore la plus grosse pomme. Il décide ensuite de faire la sieste. Que va-t-il lui arriver ?
Tico ne sait plus comment se coucher.De douloureuses crampes le saisissent au ventre.
- ça va passer, se dit-il. J’ai trop mangé, c’est tout.
Mais le mal ne passe pas, et voilà que Tico perd ses épines et qu’une queue lui pousse au lieu des pattes.
- Mais que m’arrive-t-il ? Voilà que je ressemble à ces affreux vers !
Il se souvient alors de l’avertissement de Tica.
Pris de panique, il se réveille en sueur, observe ses pattes, puis ses aiguilles : rien n’a changé.
Ouf ! Ce n’était qu’un mauvais rêve !

***
Petites histoires extraites du livre "365 histoires" Editions Hemma

Textes originaux de Joëlle Barnabé, Jean-Pierre Bertrand,
Jacques Thomas-Bilstein et de Marie-Claire Suigne

mardi 30 novembre 2010

C’est l’hiver !

Mais que se passe-t-il ?
Jeannot, le lapin, n’en croit pas ses yeux : la campagne s’est couverte d’un immense tapis blanc.
Comme Jeannot n’a que trois mois, il n’a jamais vu de neige. Il court vite interroger sa maman :
- Maman, maman ! Je ne peux pas sortir, un énorme duvet blanc recouvre les champs.
Jeanne, sa maman le rassure :
- N’aie crainte. Il a neigé cette nuit. Tu peux courir à travers les prés. Va donc t’amuser…
- Mais c’est tout froid, répond Jeannot. Accompagne-moi.
- Non ! J’ai à faire à la maison. Mais pourquoi ne pas aller chercher Jaco dans le terrier d’à côté ?
Et, enfile ton bonnet et une écharpe.
En quelques bonds, Jeannot arrive chez Jaco.
Son papa est anxieux :
- Veillez à bien vous cacher des chasseurs.
Sur fond blanc, vous êtes des proies si faciles… Restez près du terrier.
Et voilà nos deux amis en train de se livrer à une sérieuse bataille de boules de neige.
Puis ils décident de construire un lapin de neige.
Jeannot rassemble tout ce qu’il faut, tandis que Jaco pousse d ‘énormes boules de neige.

***
Petites histoires extraites du livre "365 histoires" Editions Hemma
Textes originaux de Joëlle Barnabé, Jean-Pierre Bertrand,
Jacques Thomas-Bilstein et de Marie-Claire Suigne

jeudi 25 novembre 2010

L'oiseau de Noël qui avait perdu Sa voix


Aujourd'hui, jour de Noël, le jardin est bien silencieux. Ce n'est pas un matin comme les autres certes, mais d'habitude un seul oiseau, suffisait à entraîner tous les autres et faire un vrai concert.

Ce petit oiseau ressemblait à un rossignol, mais ce n'en n'était pas un, seule sa voix particulière en faisait le maître de chant de tous les autres oiseaux aux alentours à qui il apprenait ses vocalises.

Seulement, il était vieux et ce matin justement, il cherchait désespérément à retrouver sa voix.
Il s'approcha alors de la fontaine pour écouter le clapotis de l'eau sur la margelle. Cela suffisait d'habitude à lui donnait le ton, mais malheureusement l'eau était gelée, et la fontaine presque sans vie...

Tout malheureux, il décide alors de partir, emporté par le vent, jusqu'au bord de l'océan dans l'espoir, là-bas, de retrouver sa voix. Près du rivage, il écoute attentivement les vagues se briser contre les rochers. Mais ce grondement l'étourdit. Oh non, pense-t-il, c'est vraiment trop fort, ce n'est pas ma voix.

Sur le port, l'oiseau entend déjà le cliquetis des haubans et le sifflement des voiles des bateaux de pêcheurs et qui rentrent de leur voyage. Mais non, rien à faire , il ne chante pas comme ça.

Sur la route, passe le petit train qui promène bien des voyageurs pour visiter la ville. La locomotive colorée s'arrête et fait tchi tchiiiii. L'oiseau sent ses plumes se hérisser. Oh quel son ! Mais c'est épouvantable, jamais je n'ai chanté comme ça !!
Tout essoufflé, il s'envole vers la belle branche d'un sapin majestueux, installé au centre de la place du village. C'est un magnifique sapin rempli de lumières clignotantes, de boules de toutes les couleurs avec tout autour de lui une foule joyeusement animée.

Une délicieuse odeur de pain d'épices aux parfums de miel, d'écorces d'oranges et de cannelle monte jusqu'à lui. Il n'en faut pas plus à notre oiseau affamé pour s'enhardir et descendre de branche en branche, tout près d'un banc où étaient assis, papa, maman et un petit garçon haut comme trois pommes qui dévorait une tranche de la gourmandise préférée de notre rossignol.

Mathieu s'écria tout à coup: "Maman regarde, ... un petit oiseau qui s'approche de moi. On dirait qu'il me connaît et qu'il veut me dire quelque chose "
- "Je crois tout simplement qu'il a faim..." susurre maman

Alors, en prenant une toute petite voix, Mathieu chantonne tout en s'approchant doucement de l'oiseau; il émiette patiemment sa part de pain d'épices et tendant la main, il parsème le sol de délicieux petits morceaux de gâteau. Il n'en faut pas plus à l'oiseau sans voix pour se dégourdir.

Pic pic pic, le voilà qui grignote vivement toutes les miettes déposées devant lui; il se sent plus à l'aise. Il écoute la petite voix de Mathieu, si douce et si claire.

Mais oui, c'est ça pense-t-il, c'est ma voix! Et d'un coup son gosier tout enroué se dérouilla, sa voix s'éclaircit et notre courageux rossignol, commence à pépier quelques notes, pour sortir enfin des vocalises toutes plus belles les unes que les autres.

"J'ai compris , dit Mathieu tout souriant, c'est l'oiseau de Noël."
C'est ainsi que notre rossignol retrouva enfin sa voix et qu'à nouveau tous les oiseaux du jardin chantèrent à qui mieux mieux, la joie de Noël.


mercredi 24 novembre 2010

La vie s'arrête ?


Cette fois, l'hiver est proche. Il règne sur la campagne un silence total.
Un grand halo lumineux entoure la lune. Il va geler. Le ciel est plein d'étoiles.
Les animaux s'affairent à leurs derniers préparatifs : il faut beaucoup de nourriture, et surtout une maison qui les protège de la neige et du gel.
La campagne lentement s'endort.
Elle ne se réveillera qu'aux premiers rayons du soleil, au printemps, dans trois longs mois.
Les animaux ont comme disparu.
Toi non plus, tu ne sors guère en hiver et tu préfères la chaleur du foyer.
Et bien, les animaux aussi se tiennent au chaud.
Certains même, comme le hérisson, ont décidé de dormir !

***
Petites histoires extraites du livre "365 histoires" Editions Hemma
Textes originaux de Joëlle Barnabé, Jean-Pierre Bertrand,
Jacques Thomas-Bilstein et de Marie-Claire Suigne

mardi 23 novembre 2010

Incroyable !

Tout ceux qui connaissent bien Sophie le savent : elle a un petit ours brun fétiche qu’elle ne quitte jamais.
Un jour, cependant, il lui est arrivé une bien curieuse aventure.
Il avait beaucoup neigé et Sophie avait joué dehors avec ses amis toute la journée.
Ils avaient d’abord commencé par faire un superbe bonhomme de neige qu’ils avaient coiffé d’un vieux chapeau de paille et emmitouflé dans une grande écharpe retrouvée dans la cave.
Puis ils avaient fait de folles descentes en traîneau, et des batailles de boules, et des glissades sur la rue gelée…
Mais au retour à la maison, quelle catastrophe pour Sophie : elle ne trouvait plus son "nounou brun" !…
- Je t’assure, Sophie, on le retrouvera demain ton nounou brun, avait dit papa en la couchant. Ne pleure pas… nous irons le chercher ensemble.
Peuplée de cauchemars, la nuit de Sophie avait été bien désagréable.
Ce qu’elle ne savait pas, c’est que, le lendemain, comme papa l’avait senti, elle allait le retrouver son petit ours.
Et sais-tu bien où ?… Dans l’écharpe, serré dans les bras du bonhomme de neige !
Jamais personne n’a compris comment il était arrivé là.

***
Petites histoires extraites du livre « 365 histoires » Éditions Hemma
Textes originaux de Joëlle Barnabé, Jean-Pierre Bertrand,
Jacques Thomas-Bilstein et de Marie-Claire Suigne

lundi 22 novembre 2010

Le marchand de marrons

Monsieur Bertrand est marchand de marrons.
Chaque hiver, sur la Place Verte, petits et grands le retrouvent avec joie devant son brasero rempli de charbons ardents.
La seule chose que les gens regrettent un peu quand ils le voient, c’est qu’il ne sourit jamais.
Il faut dire que Monsieur Bertrand vit tout seul, cela n’est pas toujours fort gai.
Aujourd’hui, une couche épaisse de neige recouvre les allées.
Monsieur Bertrand est sorti de chez lui, il a un long chemin à faire avant d’arriver à la place Verte…
Soudain, sur le trajet, le vieil homme s’arrête.
Un petit tas de neige au bord de la route vient de remuer. Mais qu’est-ce donc ?…
Prudemment, monsieur Bertrand se penche vers le petit monticule qui a attiré son attention.
Qu’y a-t-il sous la neige ? Oh ! Un petit chat ! Il est à moitié mort de froid.
Avec précaution, monsieur Bertrand dégage la pauvre bête.
Et en serrant doucement le petit chat contre lui, il fait demi-tour vers sa maison.
Curieusement, un sourire apparaît sur son visage. Sûr que demain, les gens le trouveront changé.
S’ils demandent pourquoi, explique-leur l’histoire du petit chat.

***
Petites histoires extraites du livre "365 histoires" Editions Hemma
Textes originaux de Joëlle Barnabé, Jean-Pierre Bertrand, 
Jacques Thomas-Bilstein et de Marie-Claire Suigne

samedi 13 novembre 2010

Le magicien


Il était une fois un magicien très vieux et très sage.
Il vivait au milieu des bois et restait de longues heures à admirer le soleil.
Les abeilles, trompés par son immobilité, venaient se poser sur sa longue robe de soie fleurie pour butiner en toute tranquillité.
Un jour, le vieux sage découpa son habit en petits morceaux qui s’envolèrent dans le ciel.
Emportés par la brise, les petits bouts d’étoffe semblaient battre des ailes.
Bientôt, le sous-bois fut rempli de merveilleuses couleurs qui dansaient dans les airs.
Le bonheur illumina alors le visage du vieux magicien. Il venait de donner naissance aux premiers papillons…

***
Jeannine Vivot
Petites histoires trouvées dans d'anciens numéros de " Femme actuelle ".

vendredi 12 novembre 2010

Les moutons


Des moutons-nuages descendent du ciel et demandent aux moutons blancs, qui broutent dans un pré, s’ils peuvent jouer avec eux
- Bien sûr, bêlent les moutons du pré à l’unisson.
Et tous se mettent à jouer à… saute-mouton.
Quand ils sont tous bien fatigués de sauter, le mouton à cinq pattes, qui est magicien, dit à son tour :
- Et si on montait jusqu’au ciel pour brouter tous ensemble ?
Alors il lève sa patte magique et tous les moutons montent dans le ciel brouter les marguerites dans le "champ des étoiles".

***
Francine Trimbach
Petites histoires trouvées dans d'anciens numéros de " Femme actuelle ".

Un jardin extraordinaire


- Biches, gazelles et biquettes vivaient heureuses dans un merveilleux jardin.
Il suffisait d’aller boire à la source pour être désaltéré et de grignoter au hasard des chemins pour être rassasié.
Quand un jour arrivent un lion et deux léopards…
Terrifiés, Léa et Paul, à qui Papy racontait cette histoire supplient :
- Non, Papy, chasse-les, ils vont les dévorer !
- Pas du tout, reprit Papy, ils se sont salués, ont joué ensemble puis sont allés boire à la source.
- Impossible, disent les enfants, ce sont des prédateurs et les autres, de gentilles proies !
Alors Papy a expliqué qu’en ce temps-là, tous les animaux étaient amis et que ce jardin était le Paradis !

***
Jeannine Vivot
Petites histoires trouvées dans d'anciens numéros de " Femme actuelle ".

vendredi 29 octobre 2010

Le gentil moustique

Riri, le gentil moustique, ne pique personne. Ne mangeant pas, il maigrit tant que sa famille s’inquiète.
Il épargne les bébés roses car ils sont mignons, leurs mamans jolies et leurs papas sympas.
Riri préfère faire de la musique de chambre et de la botanique de jardin. C’est ainsi qu’il rencontre Zaza, l’abeille.
« Tu es végétarien, dit-elle. Viens dans ma ruche, je te ferai goûter du miel. »
A la première goutte du divin nectar, Riri adore. Depuis, il fait son miel.
Il porte des bottes de pollen, butine, siffle des mélodies à l’oreille des fleurs ravies.
Et il a même grossi…

***
Francine Trimbach
Petites histoires trouvées dans d'anciens numéros de " Femme actuelle ".

jeudi 28 octobre 2010

Petit Pierre et le fantôme


Clic-clac, les volets claquent. Hou, hou ! Le hibou et le vent soufflent dans la nuit.

Frou-frou, les rideaux s’entrouvrent, la lueur de la lune entre dans la chambre de Petit Pierre qui se réveille et regarde autour de lui : Brr, et si un fantôme rôdait comme dans les dessins animés !
Pourtant rien ne bouge, les jouets sont endormis.
Alors l’enfant se rendort, rêve et monte dans son train électrique qui l’emporte en sifflant aux doux pays des surprises.
Petit Pierre a enfin trouvé un fantôme.
Mais c’est le train fantôme !

***
Jeannine Vivot
Petites histoires trouvées dans d'anciens numéros de " Femme actuelle "

lundi 25 octobre 2010

C’est l’automne

La petite Léa dort. Elle rêve à l’automne et aux feuilles qui tombent.
Soudain, les couvertures colorées de ses cahiers se mettent aussi à perdre leurs belles couleurs et à se faner.
Les livres de classe entrent dans cette triste sarabande.
Ils s’ouvrent, deviennent marron, les pages s’envolent et retombent mortes, sur le sol, en vilains petits tas gris.
Et quand le vent se lève, des milliers de pages tourbillonnent autour de Léa qui frissonne.
Le froid réveille alors la petite fille. Car heureusement, ce n’était qu’un mauvais rêve !
Vite, Léa va partir pour l’école avec son cartable tout neuf où elle a rangé avec soin ses livres et ses cahiers…
aux couleurs vives de la rentrée !

***
Jeannine Vivot
Petites histoires trouvées dans d'anciens numéros de " Femme actuelle ".

mardi 19 octobre 2010

HAPPY HALLOWEEN

Paul et le sorcier


Il était une fois un grand sorcier qui habitait dans une immense tour. La tour, elle, se trouvait dans un petit village. Le sorcier n'était pas aimé par les villageois. Mais il faut avouer que c'était un très bon sorcier.
Dans ce même petit village, un petit garçon, Paul, et sa grand-mère, Marie habitaient une petite chaumière près de la forêt.

Un jour le petit garçon partit chercher des baies. Il avançait, avançait sans jamais rien trouver. D'habitude il suffisait de rester à la lisière des bois pour trouver des fruits. Cela faisait déjà une demi-heure qu'il marchait, et croyez-moi pour un enfant de 5 ans c'est fatigant.
Soudain il arriva devant une petite maison et comme il était exténué, il décida de s'arrêter pour se reposer. Il entra donc dans la maisonnette. Il avança, puis la porte claqua brutalement derrière lui.
- Que fais-tu ? dit une voix de femme derrière lui.
Une femme avec une jupe noire un chapeau pointu une verrue sur le nez se tenait devant lui. Paul avait beau n'avoir que 5 ans il savait reconnaître une sorcière quand il en voyait une et justement cette femme y ressemblait étrangement. Paul voulut ouvrir la porte mais celle-ci était bloquée. La sorcière récita : "Caréca patataz !"

Paul se sentit tout petit. Il passa devant une glace qui se trouvait dans la pièce et horrifié aperçut un reflet de souris. C'était lui, bien lui ! affreux. Je n'ose l'imaginer !
Il grimpa le long de la fenêtre et passa dehors. Pendant une longue heure, il courut. C'était logique que cela soit plus long qu'à l'aller vu qu'il avait de plus petites jambes, même si déjà à l'aller, ses jambes étaient assez petites.
La sorcière cria :
- Petit cancre ! Comment oses-tu ?
Paul voulut lui répondre mais un simple "Gni" sortit de sa bouche. Alors il courut, courut, courut et courut encore. Quand il arriva au village, il continua de courir vers la maison de sa grand-mère. Elle commençait à se faire du souci. Où était passé son petit garçon ?

Celle-ci, quand elle vit la souris, se mit à gambader dans toute la pièce en criant :
- Au secours, au secours ! Une souris ! Tigrou ! Viens Tigrou !
Tigrou était le chat de Paul et sa friandise préférée, c'était la souris. Pas de chance pour le garçon. Le chat arriva et quand il aperçut la souris, il lui sauta dessus. Mais Paul avait été plus rapide, il partit se cacher dans un petit trou sous la commode de sa chambre.

Là il attendit quelques temps et se risqua dehors. Personne ! Sa grand-mère avait dû partir au marché et elle emmenait toujours Tigrou. Alors il ne lui restait qu'une seule solution : Le sorcier. Paul sortit de la maison et s'avança vers la tour. Il mit plusieurs heures avant d'arriver au sommet : 452 marches en tout. Cela fait beaucoup. Le sorcier était assis à son bureau. Il portait une tunique bleue. Paul ayant oublié qu'il ne pouvait plus parler voulu demander si il pouvait l'aider. Une série de "gni" sortit de sa bouche.
- Bien sûr que je peux t'aider, répondit le sorcier.
- Vous comprenez mon langage dit Paul avec quelques "gni".
- Oui je comprends ton langage ! Je comprends le langage de tous les animaux, une chance pour toi. Alors je suppose que tu veux retrouver ta forme humaine ?
- Oui je voudrais bien.
- Bon alors, toi il faut que tu récupères un cheveu de la personne qui t'a transformé en souris, moi je m'occupe des autres ingrédients ! Pour récupérer le cheveu, tu disposes de trois pouvoirs : Tu pourras être invisible, lancer des flammes, arrêter le temps. C'est beaucoup, mais il faut être très bon sorcier pour avoir transformé quelqu'un en souris alors tu en auras sûrement besoin. Allez pars, tu dois faire ça avant minuit sinon tu devras attendre un an avant de retrouver ta forme humaine.
Paul avait écouté ce discours avec attention.
- Je vais réciter une formule pour te donner ces pouvoirs : Acabada Boudia.

Paul se sentit secoué et transporté, il ferma les yeux. Quand il les ouvrit, il était face à la sorcière. Que s'était-il passé ?
Bon peu importe, il fallait récupérer un cheveu de la sorcière. Mais pour l'instant : impossible !
Il fallait se protéger vu que l'immonde femme s'apprêtait à le manger.

Il tendit les mains pour lancer des flammes, deux petites étincelles sortirent de celles-ci. Il se concentra et pria d'être invisible, cela avait marché, mais la sorcière récita une formule qui le rendit aussitôt visible.
Il arrêta le temps, bien décidé à récupérer sa forme humaine et sauta sur la femme immobile. Comment lui arracher un cheveu ? Il n'avait pas de force ! Il essaya avec les dents, en vain. Alors une petite ampoule apparut au dessus de sa tête. Il fit apparaître une petite étincelle et brûla la mèche, elle tomba et il la ramassa puis il partit très vite car il était bientôt minuit.
Le sorcier était déjà à la tour, il ne manquait plus à la potion que le cheveu. Il le déposa dans la mixture et récita une incantation bizarre. Puis Paul se sentit grandir et à nouveau il put parler normalement.
Il remercia le sorcier et rentra chez lui. Quand il raconta sa mésaventure à sa grand-mère, elle ne le crut pas et tous les habitants continuèrent à avoir peur du sorcier, tous sauf Paul qui de temps en temps lui rendait visite et apprenait ses tours de passe-passe.

samedi 9 octobre 2010

L'Araignée et la famine

C'était pendant une période de grande famine dans la forêt. Les animaux ne trouvaient plus de nourriture. L'araignée, qui n'avait pas mangé depuis des jours se mit à marcher droit devant elle à travers la forêt pour chercher quelque chose à se mettre sous la dent. Soudain, comme un mirage, lui apparut un champs de bananes mûres à point, prêtes à être mangé et, de plus, dissimulé des regards étrangers. Devant ce festin inattendu, l'araignée cria de joie : des bananes mûres !

A la suite de cela, l'araignée tomba raide étendue par terre. Au bout de quelques instants, une goutte de rosée vint chatouiller le nez de l'araignée qui se réveilla. Alors, le bananier lui dit ceci :
- Ne crie jamais mon nom quand tu me vois. Je te laisse la vie sauve pour cette fois. Sers toi et mange mais surtout n'oublie pas ce que je t'ai dis.
L'araignée après avoir mangé tout ce qu'elle pouvait, se mit à élaborer un plan.

Au bout de quelque temps, l'embonpoint de l'araignée commença à faire des envieux, parmi les autres animaux. Un par un, ils venaient la voir pour connaître son secret. Elle promit d'abord de le révéler au lézard parce qu'il n'était pas très malin et qu'il n'avait pas la force de se venger s'il s'apercevait d'une tromperie. Ils partirent donc ensembles et après de nombreux détours, l'araignée l'amena à l'endroit où poussaient les fruits. Le lézard, surpris, s'écria " des bananes mûres ! ! !" et tomba raide mort. Comme elle l'avait prévue, l'araignée avait maintenant de la viande pour accompagner ses bananes.

Chacun à son tour l'accompagnait à la recherche de nourriture. Prenant confiance dans sa ruse, elle se mit à manger des animaux de plus en plus gros et puissants mais peu malins comme l'hyène ou l'éléphant. Au fur et à mesure que la forêt se vidait, l'araignée grossissait. Il vint un jour ou elle n'eut même plus peur de s'attaquer à des bêtes plus futées. Elle accompagna le singe affamé jusqu'à la bananeraie. Mais arrivé là-bas, le singe fit celui qui n'avait rien vu.
 - Tu n'as encore rien trouvé ? , lui demanda l'araignée avec un large sourire
- Ben, non, et toi ? répondit le singe,
- Ici, on peut trouver des choses, il suffit de bien regarder, répondit l'araignée.
Au bout d'une heure de recherche, le singe n'avait rien trouvé :
- Je ne vois pas l'ombre d'une cacahuète dans le coin, on devrait rentrer chez nous !
- On est pas en Europe, idiot, qu'est-ce qu'on trouve de bon ici... qui pousse dans les arbres ?
- Je sais pas moi, des oranges ?
- En plus, c'est bien devant toi, là, tout jaune et mûr à souhait, tu vois pas là, dit l'araignée excédée en montrant un énorme bananier couvert de fruits
- Quoi ! Des papayes ! Ici ! Montre-moi vite !
- Ça c'est quoi ? Imbécile ! une banane bien mûre ...Arghh ! Dit l'araignée en mourant.
Sur ce, le singe pris l'araignée et les bananes pour son dîner.

Moralité :
Il y a toujours une limite en tout.
Celui qui se croit rusé, comme l'araignée, trouvera toujours quelqu'un pour le surpasser.

***
Conte africain

jeudi 7 octobre 2010

A la première feuille


Quand tombe la première feuille, les elfes des bois traversent toujours une période de mélancolie.
Surtout les plus petits, auxquels il faut expliquer longuement que l'arbre n'a pas mal - pas plus que lorsqu'on nous coupe les cheveux - et que ses feuilles repousseront au printemps, encore plus belles, encore plus vertes.
Nous nous sommes laissé dire que l'arrivée de l'automne plongeait les elfes dans la même humeur que la fin d'un dimanche après-midi chez les enfants humains. Il faisait si beau, on s'amusait tant...
Bientôt l'hiver sera là et il faudra aller dormir jusqu'au printemps, dans les tertres enterrés, sous les racines des grands arbres. Ne peut-on rester dehors encore un peu ?

***
Tiré du livre "Le petit Peuple"
Texte de Jean-Louis Fetjaine

mercredi 6 octobre 2010

Le lutin


Le voyez-vous là-bas courir,
Le remuant petit lutin
Dont les chansons dorées font luire
Le sentier odorant de thym ?

Gare ! Ne faites pas de bruit !
Nous le verrons parler peut-être
Avec le lapin Étourdi
Qui prend le frais à sa fenêtre.

Et, pour traverser le ruisseau
Sans mouiller sa cage à grillons,
Se jucher à califourchon
Sur le dos jaune du loriot.

***
De Maurice Carême
"Pigeon vole"
Éditions A. Olin Bourrelier.

mardi 5 octobre 2010

Réveil difficile

Marmottine et Marmotton sont dans un terrier, Marmottine ouvre un œil, et regarde le calendrier.
- Nom d'un aiglon, réveille-toi, Marmotton.
- Arrête de bouger, ! marmonne Marmotton, grognon.
- Mais voyons, dit Marmottine, une grande journée nous attend
- Ah, ça c'est sûr, après une nuit pareille, dit Chouchou le hibou, jaloux.
Difficile le réveil, le terrier est si douillet.
- Dans la famille Marmotte, on demande le père, insiste Marmottine.
Marmotton, d'aussi mauvaise humeur qu'un ours au petit-déjeuner, mal léché, et surtout mal réveillé, repousse la couette.Puis il se regarde dans le miroir et commence sa toilette, pour être au mieux léché et surtout mieux réveillé. Pendant ce temps, Marmottine s'agite déjà dans la cuisine. Elle serre son tablier autour de son petit ventre rebondi en sifflant, ravie :
- Chéri ! Tu as vu comme j'ai maigri !
- Mouais, mouais, dit son mari. Moi aussi.
- Mais ne perdons pas de temps, il faut commencer le grand nettoyage de printemps de notre nid, avant de réveiller doucement nos marmots.
- Commence, toi, je vais faire quelques courses pendant ce temps-là.
Trop content d'aller se dégourdir les pattes, Marmotton sort du terrier, commence à gambader et tombe nez-à-nez avec une cigale, accrochée à son arbre. Elle est endormie.
- Elle aussi, mais c'est une maladie  ! siffle-t-il.
- Qui siffle ainsi, ciel, mais qu'est-ce que je fais ici ? dit la cigale
- Comment t'appelles-tu ? dit Marmotton.
- Cigalette.
- Comment te sens-tu ?
- Mal, je n'ai pas chanté de tout l'hiver. J'avais envie de prendre l'air, et je me suis perdue.
Formica, la fourmi qui passait par là, dit :
- Pardon, pardon, moi aussi, je me suis perdue, vous n'auriez pas vu une colonne de fourmis, par hasard ?
- Voulez-vous que je vous donne un récital ? dit la cigale.
- Surtout pas, dit Formica. j'ai du travail, plein de travail.
- C'est une très bonne idée, au contraire, dit Marmitton. C'est le printemps, venez tous faire la fête à la maison.
Marmitton arrive chez lui avec tous ses nouveaux amis.
- Chérie, devine qui vient dîner ce soir ?
Mais Marmottine n'entend rien : épuisée par sa journée, lasse d'attendre son mari, elle s'est déjà rendormie !
Quant à Marmitton, réveillé par Marmouset, son fils aîné, il s'aperçoit à sa grande honte qu'il s'était endormi aussi, et que toute cette histoire n'était qu'un rêve... de marmotte.
Le printemps est encore loin...

lundi 27 septembre 2010

Il y a de l'orage dans l'air

- Ciel !
- Oui, on m'appelle, je suis là, dit le ciel
- Mais non, dit Mme Cirrus, je disais juste : ciel, que cet enfant est lent.
Le petit Cirrus, en effet, s'étire paresseusement, insouciant. Le soleil, en le voyant, se dit : "C'est mauvais signe", et se cache derrière M. Cumulo-nimbus, majestueux, imposant, suivi de toute sa famille, qui se dépêche, vite, vite. Ils sont très en retard, ils se pressent. L'automne les attend depuis longtemps. Il faut dire qu'ils ne peuvent être partout, les pauvres. Leur moyen de transport, un peu comme une voiture ou un autobus, est le vent. Et le vent est capricieux, il ne fait que ce qu'il veut.Là, apparemment, il a décidé de souffler un peu. Un peu, ce n'est pas beaucoup, c'est là tout le problème pour la famille Cumulo-nimbus. Soudain, c'est la panne. Bloqués, ils sont bloqués ! Ils ne peuvent plus avancer. Voici qu'une autre famille arrive, poussée par un autre vent qui, lui, n'est pas en grève.
- Il travaille, lui, au moins, dit la papa de sa grosse voix. Ce qu'il nous faudrait, c'est un bon avis de tempête (M. Cumulo-nimbus n'est pas facile, il  a un caractère orageux).
Mais le pire est à venir : M. Cyclone, en personne, les observe de loin de son oeil unique, terrifiant. C'en est trop pour le petit Cumulo-nimbus qui dit :
- Maman, j'ai envie de faire pluie-pluie.
- Pas tout de suite, mon chéri.
Mais c'est trop tard, le petit n'a pas attendu, tant pis pour les pauvres gens en-dessous ! Après tout, les parapluies, ce n'est pas fait pour les chiens. la maman pleure. C'en est trop pour elle, aussi : la panne, le petit qui s'oublie, le papa qui s'énerve. Elle ne supporte pas quand le papa s'énerve. Et plus il s'énerve, plus il tonne, plus il tonne, plus elle pleure, un vrai déluge. Quand, enfin, le vent daigne redémarrer, les nuages se sont accumulés, on dirait vraiment un retour de vacances, c'est un véritable embouteillage. La famille ralentie par le petit, se fait doubler par d'énormes nuages gris. Dans un dernier éclair de colère, impressionnant, le papa déverse alors sa dernière pluie.
- Oh ! dit une adorable petite brise qui arrive sur les lieux, ils ont encore laissé un bazar noir derrière eux. Ce n'est rien, j'ai l'habitude, je vais me charger de tout aérer, de tout sécher. Rangez vos parapluies, braves gens, c'est fini. Après la pluie, le beau temps. Et vous, bon vent, dit-elle sévèrement aux nuages qui s'éloignent en faisant le gros dos, un peu comme des moutons en troupeau.

Pourquoi les chaussettes disparaissent

Dans toutes les maisons du monde, des chaussettes disparaissent - disons au moins partout où les gens portent des chaussettes.
Pas les deux, non, parce qu'alors il n'y aurait rien de mystérieux, on se dirait qu'on les a oubliées ici ou là, ou bien qu'on vous en a pris une paire. Non, une seule à la fois...
Partout dans le monde, il suffit de mettre des chaussettes à laver, pour que l'une d'elles, une seule, disparaisse.
En y réfléchissant bien, c'est surtout en hiver que ces disparitions se produisent, et ce sont toujours vos chaussettes préférées, les plus chaudes, les plus belles, qui se retrouvent isolées.
Ce qu'il y a, c'est que les lutins de la maison aiment dormir bien confortablement, et que ces petits emprunts leur font de bons lits de laine. Pourquoi n'en prennent-ils qu'une et pas les deux ? Pour ne pas confondre leur lit avec celui d'un autre lutin, voyons !
Rien d 'étonnant donc à ce qu'elles réapparaissent, ces chaussettes manquantes, parfois des mois plus tard. Quand vos lutins ont envie de changer de literie, ou s'ils déménagent, vous en retrouvez une, un beau jour, comme si de rien n'était, parmi votre linge propre... Et vous vous rendez compte aussitôt qu'une ou plusieurs autres - les plus chaudes, les plus belles - ont disparu.

Un bon truc : Pour savoir combien de lutins habitent chez vous, comptez le nombre de chaussettes qu'il vous manque !

***
Tiré du livre "Le petit Peuple"
Texte de Jean-Louis Fetjaine

mercredi 8 septembre 2010

La première fugue


Jean-Sébastien, le petit musicien, parle aux notes de musique:
« Regardez comme il fait beau, allez, sortez! Le temps est magnifique, allons chanter dans les champs.»
Et, quittant leur portée, les notes sautent dans le pré.
Les cigales jouent du violon, les oiseaux font des vocalises et les notes courent partout.
Le petit garçon n’est pas content, il veut les voir écouter la musique, pas faire les folles!
Alors, il les rattrape, les enferme à deux tours de clé de sol et de fa.
Pauvres notes qui aimaient tant la liberté;! Alors pour les consoler,
le petit Jean-Sébastien Bach a promis de leur écrire d’autres fugues…

***
Francine Trimbach
Petites histoires trouvées dans d'anciens numéros de " Femme actuelle ".

mardi 7 septembre 2010

La maison sur la lune


Sur la lune, il n’y a qu’une maison. Elle est construite en pierres de lune, bien sûr.
Mais sa porte est en nacre, ses volets de bel ivoire, ses lits de plumes d’anges et ses meubles en argent.
C’est dans cette maison que les fées viennent se reposer, coiffer leurs longs cheveux ou changer de robe.
Seuls Peter Pan et le Petit Prince y ont été invités.
Les fées leur ont offert un bouquet de roses de lune plus brillantes que des diamants…
et des gâteaux au chocolat, car ce sont des enfants tout de même !
Alors, cher petit, si tu es sage, tu seras peut-être invité, un soir, et tu y rencontreras ta fée…

***
Francine Trimbach
Historiette retrouvée dans de vieux numéros de Femme Actuelle

vendredi 3 septembre 2010

ça se dispute

Les majuscules se bousculent. Qui va passer en premier ? Leurs pattes s'emmêlent. Il y a toutes les chances pour que ce soit le I ou le L pour "Il était une fois", ou "le petit garçon".
La virgule, qui circule, va d'une mot à l'autre en faisant son intéressante. Oh ! elle n'est pas méchante. Elle se fait rappeler à l'ordre par l'apostrophe : Pousse-toi un peu, on ne voit que toi et on nous confond toutes les deux.


Le point d'interrogation se pose des questions : Qui sommes-nous? Où allons-nous ? De qui se moque-ton ? Pourquoi ? Un vrai gamin, celui-là, encore à l'âge des pourquoi ! s'exclame le point d'exclamation, toujours prêt à s'énerver, mais droit comme un I.
Il a avalé un parapluie... ricanent bêtement les points de suspension, qui ne se quittent jamais tous les trois, narguant le pauvre point qui s'ennuie tout seul dans son coin, toujours à la fin.
Oh ! mais regardez ceux-là, comme ils ont l'air supérieur !Pourtant, ils ne sont que deux, et nous sommes trois. Nous aussi, nous pourrions peut-être essayer de nous mettre l'un au-dessus de l'autre. Mais leur essai tourne vite au ridicule. Ils sont condamnés à rester en ligne... les deux points, eux, ne perdent pas leur temps. Celui du dessus fait le guet, il cherche Monsieur et madame Guillemet. ils devraient être juste derrière eux. S'ils ne les voient pas, ils ont toutes les chances de les entendre. Ils se disputent tout le temps.
Même le trait d'union, qui passe son temps à essayer de réconcilier tout le monde, n'arrive à rien avec eux. On dit même qu'ils sont séparés, murmurent les tirets.
Le point final, toujours en bon dernier, arrive essoufflé et bouscule le point-virgule.
Dépêchez-vous, mettez-vous en place, n'entendez-vous pas les mots qui grondent derrière nous, toute une armée, avec des accents épouvantables, aigus, graves et même circonflexes. Ils se disputent aussi.
Le complément d'objet direct prétend passer avant le verbe, roi de la phrase, qui commande à ses sujets...

 Attention ! s'exclame encore le point d'exclamation. Et une grosse rature manque de leur tomber sur le coin de la figure. Encore ce stylo qui se fait un sang d'encre.
Une grosse voix résonne : " Je vais mettre de l'ordre dans tout cela !"
Aïe, aïe, aïe ! Les coups pleuvent sur la tête des signes et des lettres, comme des coups de marteau, comme si on voulait leur faire rentrer dans la tête que c'est l'homme qui commande, celui dont les doigts courent si agilement sur le clavier de l'ordinateur.

jeudi 2 septembre 2010

Madame Biscornue


Il était une fois une petite vieille dame biscornue. A moins que ce ne soit une vieille petite dame biscornue ou bien une vieille dame petite et biscornue. peu importe.
Les enfants du quartier l'appelaient Madame Biscornue, comme ils avaient toujours entendu leurs parents et leurs grands-parents avant eux, certainement, et même s'ils ne savaient pas exactement ce que ça voulait dire.
C'est parce qu'elle est un peu cabossée, avait dit une maman un jour, mais les enfants n'étaient pas satisfaits car, normalement, on dit cela d'une voiture et puis, la maman, n'avait pas l'air très sûr. En fait, elle ne s'était jamais posé la question, qu'elle avait trouvé saugrenue, c'est-à-dire bizarre, et même un peu ridicule, et avait dit cela pour dire quelque chose.
Mme Biscornue avait toujours été là, elle l'avait toujours connue. Elle habitait une petite vieille maison saugrenue, euh, biscornue, pardon.
Saugrenue aussi, car on se demandait ce qu'elle faisait là, entourée par de grands immeubles. Mais, elle aussi, avait toujours été là, bien avant que les grands immeubles ne sortent de terre et ne se mettent à pousser comme des champignons. Peut-être y avait-il autour d'elle plein de vieilles maisons, avant. Mme Biscornue marchait dans la rue, toujours aux mêmes heures, aux mêmes moments. Elle croisait les petits enfants à la sortie de l'école. Elle ne leur disait pas bonjour, mais son visage s'éclairait d'un grand sourire en les voyant. un bon et beau sourire, bien qu'un peu... biscornu.
Un jour, les enfants ne la croisèrent pas. Mais ce jour-là, ils virent dans le petit jardin, devant la masion, des tapis, des armoires, des oreillers, des matelas, des lampes, des draps, des rideaux, dse commodes et une petite, vieille, très vieille poussette d'enfant (un peu cabossée). Il y avait beaucoup de bruit dans la maison qui devait pourtant être vide. Quel remue-ménage ! ça cognait, ça tapait, ça vrombissait, quel curieux animal devait s'agiter là-dedans ? Que se passe-t-il ? se dirent les enfants. Peut-être Mme Biscornue fait-elle son grand nettoyage de printemps ? dit une maman (celle qui avait dit qu'elle était un peu cabossée). De printemps ? mais nous sommes exactement le jour de l'automne ! protestèrent les enfants. Et bien voilà ! c'est exactement ça. Mme Biscornue est un peu saugrenue, c'est-à-dire bizarre, elle fait son grand nettoyage d'automne. Et, effectivement, à ce moment, elle apparut sur le seuil, grise de poussière et couverte de toiles d'araignée, appuyée sur un balai. On aurait dit une sorcière, mais son visage s'éclaira d'un grand sourire en voyant les enfants. Un bon et beau sourire, un peu biscornu. Et en voyant la petite, vieille, très vieille poussette d 'enfant (un peu cabossée), les enfants comprirent que Mme Biscornue avait été un jour, elle aussi, il y a très longtemps, une maman.

lundi 26 juillet 2010

PAUSE VACANCES


Mirabelle part en vacances !!
Cela pourrait donner lieu à de jolies histoires
mais auparavant, il faut aller les chercher sur place...
Donc, c'est décidé !
Après de longues années restée à retaper sa maison, son jardin 
et soigner ses petits bobos,
il était temps de penser un peu à elle !

Elle vous quitte pour 3 semaines
mais ne vous inquiétez pas :
le forum reste ouvert 
et elle vous retrouvedera avec plaisir à la rentrée
avec dans sa valise de nouveaux contes !

BONNES VACANCES A VOUS TOUS
A BIENTÔT

La réception du petit nain


Le petit nain qui habite au fond de la forêt a invité tous ses amis à dîner, ce soir. Il veut faire une grande fête et décide de préparer un bon repas. Heureusement, les souris sont venues l'aider.
- Vous allez me chercher des légumes sauvages dans la forêt, pendant que je vais ramasser le bois, leur demande le nain.
Bien vite, un bon feu crépite, sur lequel le nain pose la marmite. Et les légumes mijotent doucement. Tout à coup, une fumée noire commence à sortir de la marmite.
- Oh ! Fais attention ! Cela brûle ! crient les souris.
- Comment faire ? répond le nain. Si je vais chercher de l'eau, tout va brûler ! Vous n'êtes pas assez grandes pour tourner les légumes dans la marmite.
Alors, les souris ont pris leurs petits seaux et ont fait une grande chaîne, du lac à la maison du nain. Et grâce à elles, le dîner a été très réussi. Les carottes avaient un peu caramélisé au fond de la marmite et elles étaient délicieuses !

Un petit lapin gourmand

Dans le terrier du vert pré vivait une famille... de lapins, bien sûr !
Ils étaient jardiniers de leur métier et produisaient des légumes frais : carottes dorées, tendres laitues et des choux.
Un jour, petit lapin partit au marché vendre les choux pommelés que sa maman lui avait mis dans un panier.
C'était la première fois qu'il s'en allait comme un grand et pour cette occasion il avait mis son joli bonnet rouge et blanc.
- Surtout, fais attention en traversant la forêt ! lui recommande sa maman.
Petit lapin n'était pas très rassuré et, pour se donner du courage, hop ! sa petite patte glissait dans le panier et gloup ! il mangeait un chou, mais il s'arrêtait souvent, si souvent qu'une fois arrivé au marché, il n'y avait pas un seul marchand et pas un le moindre client.
Il repartit mais il était inquiet, si inquiet de ce que dirait sa maman que, pour se donner du courage, hop ! sa petite patte glissait dans le panier et gloup ! il mangeait un chou.
Une fois rentré chez lui, il ne restait rien dans le panier. "Toute sa famille, allait se moquer de lui ! pensa-t-il. Que faire ?"
Il s'assied dans la prairie pour réfléchir et il était fatigué, si fatigué qu'il s'endormit, mais personne ne lui dit rien car Petit lapin était si gros et si joufflu qu'on ne l'avait pas reconnu.

Dans les prisons de Nantes

Dans les prisons de Nantes,
lan digidigidan, lan digidigidigidan
Dans les prisons de Nantes,
y'avait un prisonnier,
y'avait un prisonnier.

Personne ne le vint le vouer
Que la fille du geôlier

Un jour il lui demande
Oui Que dit on de moue

On dit de vous en ville
Que vous serez pendu

Mais s'il faut qu'on me pende
Déliez moi les pieds

La fille était jeunette
Les pieds lui a délié

Le prisonnier alerte
Dans la Loire a sauté

Des qu'il fut sur les rives
Il se prit a chanter

Je chante pour les belles
Surtout celle du geôlier

Si je reviens a Nantes
Oui je l'épouserai

Dans les prisons de Nantes
Y'avait un prisonnier.
***
Chanson de Tri yann

Un drôle de grenier

Quand on le voit, c'est un grenier comme tous les greniers.
Il y a un coffre, de vieux tableaux, un cheval à bascule et une robe déchirée.
Mais la nuit, c'est une autre histoire.
Un lutin se glisse hors du tableau. il ouvre la lucarne. Le cheval saute de ses bascules. Il bondit par la lucarne. Et la robe ? la robe s'envole par la fenêtre.
Que vont-ils faire dehors ? Rien.
Car dehors, il y a juste un prince sur son cheval. En croupe, se tient une dame dans une jolie robe.
C'est que durant le nuit, les objets revivent, grâce au lutin qui les a libérés
Et dans le grenier, au matin ? Il y a un coffre, de vieux tableaux...

vendredi 23 juillet 2010

Tempête au jardin

Il pleut sur les vacances.
Dans le jardin, la tempête agite les feuilles des arbres.
Maryse soupire :
- Pauvres feuilles ! Quand je pense que dans deux mois, elles seront tout à fait mortes...
Maman propose :
- Pour passer le temps, nous pourrions en faire de très jolis tableaux.
Si tu veux, nous en cueillerons, et nous les vernirons. Puis nous les ferons sécher. Ensuite, nous les collerons sur une grande page. Ainsi, elles demeureront toujours belles.
Maryse est enchantée.
Toutes deux se mettent au travail.
Elles cueillent des feuilles aux branches qui s'agitent tout près de la fenêtre. Et elles les cajolent du bout de leurs pinceaux.
Pendant ce temps, dehors, la tempête se calme.
L'été perd sa mélancolie.
Et le soleil revient sur les feuillages.

Le chien qui voulait peindre

Un peintre s'était installé dans un champ. Il voulait peindre le paysage. Il ouvrit son chevalet. Il sortit ses pinceaux et ses couleurs. Et il commença à dessiner le ciel. Il mettait un peu de blanc sur un nuage, quand un chien arriva. Le chien tourna autour de lui et aboya.
- Qu'a donc ce chien ? se demanda le peintre.
En guise de réponse, le chien s'assit devant le chevalet et aboya de nouveau.
- Voilà un chien qui n'aime pas les peintres, se dit l'artiste.
Et vraiment, ce chien en devait pas aimer les peintres car il bondit sur l'homme. Avec ses dents, il tira sur son pull.
- Mais il veut me mordre ! s'écria le peintre.
Il se leva et s'éloigna. Mais le chien ne le suivit pas. Non. Il plongea son museau dans la peinture et commença à barbouiller la toile. Alors, l'artiste comprit que le chien voulait seulement peindre.

jeudi 1 juillet 2010

L'aiguille à repriser

Il y avait un jour une aiguille à repriser : elle se trouvait elle-même si fine qu’elle s’imaginait être une aiguille à coudre.
- Maintenant, faites bien attention, et tenez-moi bien, dit la grosse aiguille aux doigts qui allaient la prendre. Ne me laissez pas tomber ; car, si je tombe par terre, je suis sûre qu’on ne me retrouvera jamais. Je suis si fine !
- Laisse faire, dirent les doigts, et ils la saisirent par le corps.
- Regardez un peu ; j’arrive avec ma suite, dit la grosse aiguille en tirant après elle un long fil ; mais le fil n’avait point de nœud. Les doigts dirigèrent l’aiguille vers la pantoufle de la cuisinière : le cuir en était déchiré dans la partie supérieure, et il fallait le raccommoder.
- Quel travail grossier ! dit l’aiguille ; jamais je ne pourrai traverser : je me brise , je me brise. Et en effet elle se brisa. Ne l’ai-je pas dit ? s’écria-t-elle ; je suis trop fine.
- Elle ne vaut plus rien maintenant, dirent les doigts. Pourtant ils la tenaient toujours. La cuisinière lui fit une tête de cire, et s’en servit pour attacher son fichu.
- Me voilà devenue broche ! dit l’aiguille. Je savais bien que j’arriverais à de grands honneurs. Lorsqu’on est quelque chose, on ne peut manquer de devenir quelque chose.
Et elle se donnait un air aussi fier que le cocher d’un carrosse d’apparat, et elle regardait de tous côtés.
- Oserai-je vous demander si vous êtes d’or ? dit l’épingle sa voisine. Vous avez un bel extérieur et une tête extraordinaire ! Seulement, elle est un peu trop petite ; faites des efforts pour qu’elle devienne plus grosse, afin de n’avoir pas plus besoin de cire que les autres.
Et là-dessus notre orgueilleuse se roidit et redressa si fort la tête, qu’elle tomba du fichu dans l’évier que la cuisinière était en train de laver.
- Je vais donc voyager, dit l’aiguille ; pourvu que je ne me perde pas !
Elle se perdit en effet.
- Je suis trop fine pour ce monde-là ! dit-elle pendant qu’elle gisait sur l’évier. Mais je sais ce que je suis, et c’est toujours une petite satisfaction.
Et elle conservait son maintien fier et toute sa bonne humeur. Et une foule de choses passèrent au-dessus d’elle en nageant, des brins de bois, des pailles et des morceaux de vieilles gazettes.
- Regardez un peu comme tout ça nage ! dit-elle. Ils ne savent pas seulement ce qui se trouve par hasard au-dessous d’eux : c’est moi pourtant ! Voilà un brin de bois qui passe ; il ne pense à rien au monde qu’à lui-même, à un brin de bois !... Tiens, voilà une paille qui voyage ! Comme elle tourne, comme elle s’agite ! Ne va donc pas ainsi sans faire attention ; tu pourrais te cogner contre une pierre. Et ce morceau de journal ! Comme il se pavane ! Cependant il y a longtemps qu’on a oublié ce qu’il disait. Moi seule je reste patiente et tranquille ; je sais ma valeur et je la garderai toujours.
Un jour, elle sentit quelque chose à côté d’elle, quelque chose qui avait un éclat magnifique, et que l’aiguille prit pour un diamant. C’était un tesson de bouteille. L’aiguille lui adressa la parole, parce qu’il luisait et se présentait comme une broche. "
- Vous êtes sans doute un diamant ?
- Quelque chose d’approchant.
Et alors chacun d’eux fut persuadé que l’autre était d’un grand prix. Et leur conversation roula principalement sur l’orgueil qui règne dans le monde.
- J’ai habité une boîte qui appartenait à une demoiselle, dit l’aiguille. Cette demoiselle était cuisinière. A chaque main elle avait cinq doigts. Je n’ai jamais rien connu d’aussi prétentieux et d’aussi fier que ces doigts ; et cependant ils n’étaient faits que pour me sortir de la boîte et pour m’y remettre.
- Ces doigts-là étaient-ils nobles de naissance ? demanda le tesson.
- Nobles ! reprit l’aiguille, non, mais vaniteux. Ils étaient cinq frères... et tous étaient nés... doigts ! Ils se tenaient orgueilleusement l’un à côté de l’autre, quoique de différente longueur.
Le plus en dehors, le pouce, court et épais, restait à l’écart ; comme il n’avait qu’une articulation, il ne pouvait s’incliner qu’en un seul endroit ; mais il disait toujours que, si un homme l’avait une fois perdu, il ne serait plus bon pour le service militaire. Le second doigt goûtait des confitures et aussi de la moutarde ; il montrait le soleil et la lune, et c’était lui qui appuyait sur la plume lorsqu’on voulait écrire. Le troisième regardait par-dessus les épaules de tous les autres. Le quatrième portait une ceinture d’or, et le petit dernier ne faisait rien du tout : aussi en était-il extraordinairement fier.
On ne trouvait rien chez eux que de la forfanterie, et encore de la forfanterie : aussi je les ai quittés. A ce moment, on versa de l’eau dans l’évier. L’eau coula par-dessus les bords et les entraîna.
- Voilà que nous avançons enfin ! " dit l’aiguille.
Le tesson continua sa route, mais l’aiguille s’arrêta dans le ruisseau. "
- Là ! je ne bouge plus ; je suis trop fine ; mais j’ai bien droit d’en être fière !
Effectivement, elle resta là tout entière à ses grandes pensées
- Je finirai par croire que je suis née d’un rayon de soleil, tant je suis fine ! Il me semble que les rayons de soleil viennent me chercher jusque dans l’eau. Mais je suis si fine que ma mère ne peut pas me trouver. Si encore j’avais l’œil qu’on m’a enlevé, je pourrais pleurer du moins ! Non, je ne voudrais pas pleurer : ce n’est pas digne de moi !
Un jour, des gamins vinrent fouiller dans le ruisseau. Ils cherchaient de vieux clous, des liards et autres richesses semblables. Le travail n’était pas ragoûtant ; mais que voulez-vous ?
Ils y trouvaient leur plaisir, et chacun prend le sien où il le trouve.
- Oh ! la, la ! s’écria l’un d’eux en se piquant à l’aiguille. En voilà une gueuse !
- Je ne suis pas une gueuse ; je suis une demoiselle distinguée, dit l’aiguille.
Mais personne ne l’entendait. En attendant, la cire s’était détachée, et l’aiguille était redevenue noire des pieds à la tête ; mais le noir fait paraître la taille plus svelte, elle se croyait donc plus fine que jamais.
- Voilà une coque d’œuf qui arrive, dirent les gamins ; et ils attachèrent l’aiguille à la coque. 
- À la bonne heure ! dit-elle ; maintenant je dois faire de l’effet, puisque je suis noire et que les murailles qui m’entourent sont toutes blanches. On m’aperçoit, au moins ! Pourvu que je n'attrape pas le mal de mer ; cela me briserait.
Elle n’eut pas le mal de mer et ne fut point brisée.
- Quelle chance d’avoir un ventre d’acier quand on voyage sur mer ! C’est par là que je vaux mieux qu’un homme.
Qui peut se flatter d’avoir un ventre pareil ? Plus on est fin, moins on est exposé. Crac ! fit la coque. C’est une voiture de roulier qui passait sur elle.
- Ciel ! Que je me sens oppressée ! dit l’aiguille ; je crois que j’ai le mal de mer : je suis toute brisée.
Elle ne l’était pas, quoique la voiture eût passé sur elle. Elle gisait comme auparavant, étendue de tout son long dans le ruisseau. Qu’elle y reste !

***
Conte d'Andersen

mercredi 30 juin 2010

Comment le ciel est devenu grand

C'était il y a longtemps, lorsque le ciel était trop bas.
Il était si bas qu'il n'y avait pas de place pour les nuages.
Il était si bas que les arbres ne pouvaient pas pousser.
Il était si bas que les oiseaux ne pouvaient pas voler. S'ils essayaient, ils se cognaient aux arbres et aux nuages.

Mais ce qui était plus pénible encore, c'était que les hommes adultes ne pouvaient pas se tenir debout, bien droits comme leurs corps le leur demandaient. Ils devaient marcher tout penchés, en regardant leurs pieds et ne voyaient pas où ils allaient.
Les enfants ne connaissaient pas ce problème. Ils étaient petits, ils pouvaient se lever aussi droits qu'ils le souhaitaient.
Ils ne marchaient pas en regardant leurs pieds et pouvaient voir où ils allaient.
Ils savaient par contre qu'un jour, ils deviendraient des adultes et qu'ils devraient marcher tout penchés en regardant leurs pieds à moins que quelque chose ne se passe.

Un soir, tous les enfants se réunissent et décident de relever le ciel. Les quelques adultes qui les écoutent rient sous cape mais soudain, ils voient les enfants lever de longs poteaux vers le ciel. Un, deux, trois, quatre...
Un cri énorme retentit UUU-UHHHH ! Mais rien ne se passe.

Le ciel reste comme il a toujours été. Les arbres ne peuvent toujours pas grandir. Les oiseaux ne peuvent toujours pas voler. Il n'y a toujours pas de place pour les nuages et les adultes marchent toujours courbés en regardant leurs pieds sans voir où ils vont.
Le lendemain, les enfants recommencent avec des poteaux plus longs. Un, deux, trois, quatre...
Un cri énorme retentit UUU-UHHHH ! Mais rien ne se passe.

Le soir suivant, les enfants (qui sont persévérants) essayent encore. Ils prennent des poteaux encore plus longs.
Un, deux, trois, quatre...
Un cri énorme retentit UUU-UHHHH ! Mais rien ne se passe.

Le quatrième soir, ils ont trouvé de très, très, très longs poteaux, les plus longs qu'ils pouvaient trouver et ils se sont mis à compter. Un, deux, trois, quatre...
Un cri énorme a retentit UUU-UHHHH ! Et le ciel s'est soulevé.

Depuis ce jour, le ciel est à sa place. Les arbres peuvent pousser, les oiseaux peuvent voler sans se heurter aux troncs et aux branches. Les nuages ont de la place pour aller et venir et les hommes peuvent
se tenir droit en regardant le ciel.

Mais le plus merveilleux c'est que lorsque le soleil s'est couché la nuit suivante et qu'il a commencé à faire sombre, le ciel troué par les poteaux des enfants s'est mis à scintiller.
Dans chaque trou, il y avait une étoile.

La prochaine fois que vous regarderez le ciel, vous saurez que c'est grâce aux enfants que vous pouvez admirer un tel spectacle. Vous repenserez à cette histoire et vous saurez que c'était vrai.

***
Conte apache

vendredi 18 juin 2010

Les papillons

Quand la Terre était jeune, aucun papillon ne volait ça et là dans les airs et n'illuminait les jours de printemps et d'été de leurs ailes portant les couleurs de l'arc-en-ciel. Il y avait des reptiles, qui furent les ancêtres des papillons, mais ils ne savaient pas voler ; ils ne savaient que ramper par terre. Ces reptiles étaient magnifiques, mais le plus souvent les humains, lorsqu'ils se déplaçaient, ne baissaient pas les yeux vers la terre, aussi ne voyaient-ils pas leur beauté.
En ces temps-là, vivait une jeune femme qui s'appelait Fleur de Printemps et qui était une joie pour tous ceux qui la connaissaient. Elle avait toujours le sourire et un mot gentil à la bouche, et ses mains étaient semblables au printemps le plus frais pour ceux qui étaient atteints de fièvre ou de brûlures. Elle posait ses mains sur eux et la fièvre aussitôt quittait leur corps. Quand elle atteignit l'âge adulte, son pouvoir devint encore plus fort et, grâce à la vision qu'elle avait reçue, elle devint capable de guérir les gens de la plupart des maladies qui existaient alors.
Dans sa vision, d'étranges et belles créatures volantes étaient venues à elle et lui avaient donné le pouvoir de l'arc-en-ciel qu'ils portaient avec eux. Chaque couleur de l'arc-en-ciel avait un pouvoir particulier de guérison que ces êtres volants lui révélèrent. Ils lui dirent que pendant sa vie elle serait capable de guérir et qu'au moment de sa mort elle libérerait dans les airs des pouvoirs de guérison qui resteraient pour toujours avec les hommes. Dans sa vision, il lui fut donné un nom : Celle-qui-tisse-dans-l'air-des-arcs-en-ciel.
Tandis qu'elle avançait en âge, Celle-qui-tisse-dans-l'air-des-arcs-en-ciel continuait son travail de guérisseuse et dispensait sa gentillesse à tous ceux qu'elle rencontrait. Elle rencontra aussi un homme, un voyant, et elle le prit pour mari. Ils eurent ensemble deux enfants et les élevèrent pour qu'ils soient forts, sains et heureux. Les deux enfants avaient aussi certains pouvoirs de leurs parents et eux-mêmes devinrent plus tard des guérisseurs et des voyants.
Tandis qu'elle vieillissait, le pouvoir de Celle-qui-tisse-dans-l'air-des-arcs-en-ciel grandit encore et tous ceux qui vivaient dans les environs de la région où elle habitait vinrent à elle avec leurs malades, lui demandant d'essayer de les guérir. Elle aidait ceux qu'elle pouvait aider. Mais l'effort de laisser passer en elle tout le pouvoir finit par l'épuiser et un jour elle sut que le moment de remplir la seconde partie de sa vision approchait. Tout au long de sa vie, elle avait remarqué que des reptiles magnifiquement colorés venaient toujours près d'elle quand elle s'asseyait par terre. Ils venaient contre sa main et essayaient de se frotter contre elle. Parfois l'un deux rampait le long de son bras et se mettait près de son oreille.
Un jour qu'elle se reposait, un de ces reptiles vint jusqu'à son oreille. Elle lui parla, lui demandant si elle pourrait faire quelque chose pour lui, car elle avait remarqué que lui et ses frères et soeurs lui avaient toujours rendu service.
- Ma soeur, dit Celui qui rampait, mon peuple a toujours été là pendant que tu guérissais, t'assistant grâce aux couleurs de l'arc-en-ciel que nous portons sur le corps. A présent que tu vas passer au monde de l'esprit, nous ne savons comment continuer à apporter aux hommes la guérison de ces couleurs. Nous sommes liés à la terre et les gens regardent trop rarement par terre pour pouvoir nous voir. Il nous semble que si nous pouvions voler, les hommes nous remarqueraient et souriraient des belles couleurs qu'ils verraient. Nous pourrions voler autour de ceux qui auraient besoin d'être guéris et laisserions les pouvoirs de nos couleurs leur donner la guérison qu'ils peuvent accepter. Peux-tu nous aider à voler ?" Celle-qui-tisse-dans-l'air-des-arcs-en-ciel promit d'essayer. Elle parla de cette conversation à son mari et lui demanda si des messages pourraient lui venir dans ses rêves.
Le matin suivant il se réveilla, excité par le rêve qu'il avait fait. Quand il toucha doucement Celle-qui-tisse-dans-l'air-des-arcs-en-ciel pour le lui raconter, elle ne répondit pas. Il s'assit pour la regarder de plus près et il vit que sa femme était passée au monde des esprits pendant la nuit.
Pendant qu'il priait pour son âme et faisait des préparatifs pour son enterrement, le rêve qu'il avait eu lui revint en mémoire et cela le réconforta. Quand le moment fut venu de porter Celle-qui-tisse-dans-l'air-des-arcs-en-ciel à la tombe où elle serait enterrée, il regarda sur sa couche et, l'attendant, se trouvait le reptile qu'il pensait y trouver. Il le ramassa avec précaution et l'emporta.
Tandis que l'on mettait le corps de sa femme en terre et qu'on s'apprêtait à le recouvrir, il entendit le reptile qui disait :
- Mets-moi sur son épaule à présent. Quand la terre sera sur nous, mon corps aussi mourra, mais mon esprit se mêlera à l'esprit de celle qui fut ta femme, et ensemble nous sortirons de terre en volant. Alors nous retournerons vers ceux de mon peuple et leur apprendrons à voler de façon à ce que se poursuive le travail de ton épouse. Elle m'attend. Pose-moi à présent.
L'homme fit ce que le reptile lui avait dit et l'enterrement se poursuivit. Quand tous les autres furent partis, l'homme resta en arrière quelques instants. Il regarda la tombe, se souvenant de l'amour qu'il avait vécu. Soudain, de la tombe sortit en volant une créature qui avait sur ses ailes toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. Elle vola vers lui et se posa sur son épaule.
- Ne sois pas triste, mon époux. A présent ma vision s'est totalement réalisée, et ceux que j'aiderai désormais à enseigner apporteront toujours aux autres la bonté de cœur, la guérison et le bonheur. Quand ton heure viendra de te transformer en esprit, je t'attendrai et te rejoindrai.
Quand l'homme changea de monde, quelques années plus tard, et fut enterré, ses enfants restèrent en arrière après que tous les autres s'en furent allés. Ils remarquèrent une de ces nouvelles créatures magnifiques qu'ils appelaient papillons, voletant près de la tombe. En quelques minutes un autre papillon d'égale beauté sorti en volant de la tombe de leur père, rejoignit celui qui attendait et, ensemble, ils volèrent vers le Nord, le lieu du renouveau.
Depuis ce temps-là les papillons sont toujours avec les hommes, éclairant l'air et leur vie de leur beauté.

***
Conte amérindien
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...